ARSENIC





ARSENIC métal qui, à l'état de pureté, est gris d'acier, cassant, volatil, sans saveur ni odeur, d'une densité de 5,628, combustible, et qui répand par le grillage une fumée blanche d'une odeur alliacée. On donne, dans le langage vulgaire, le nom d'arsenic à la combinaison de ce métal avec l'oxygène, forme sous laquelle il se présente le plus souvent : c'est l'acide arsém'eux. Voy. ARSÉNIEDX. L'arsenic se rencontre dans la nature, soit à l'état métallique (A. natif),soit en combinaison avec le cobalt (smaltine ou cobalt arsenical), le nickel (nické-line ou nickel arsenical), le soufre (réalgar et orpiment), le soufre et le cobalt (cobalt gris), le soufre et le nickel (disomose), le soufre et le fer (mispickel), etc. Il est surtout abondant, sous ces diverses formes, en Saxe, Bohême, Hongrie, Souabe, au Harz, et dans le Puy-de-Dôme et le Dauphiné. Comme métal, l'arsenic est sans usage ; mais il forme de nombreuses combinaisons, remarquables par l'action énergique qu'elles exercent, aux doses les plus faibles, sur les êtres org_anisés. Il existe deux combinaisons de l'arsenic avec l'oxygène : l'acide ar-sénieux [As203], vulg. mort aux rats, et l'acide ar~ sénique [As205] ( Voy. ces mots). Quelques-unes des combinaisons de l'arsenic peuvent fournir à la médecine d'utiles médicaments (Voy. ARSENICAUX); mais trop souvent elles servent a des usages coupables : la plupart des empoisonnements se font, en effet, avec des combinaisons arsenicales. On reconnaît les combinaisons arsenicales à l'odeur alliacée qu'elles répandent lorsqu'on en saupoudre un charbon rouge.On peuten outre, dans toute substance, découvrir la présence dos plus petites quantités d'arsenic à l'aide de l'appareil dit de Marsh, du nom du chimiste anglais, qui s'en servit le premier (1836) t c'est un simple flacon, où l'on dégage du gaz hydrogène, et où l'on intï-uduit la substance à examiner. Si cette substance contient la moindre parcelle d'arsenic, il se combine avec le gaz hydrogène, et là combinaison, gazeuse elle-mème(hydrogène arsénié), s'échappe par l'orifice d'un tube de verre effilé, fixé dans le bouchon qui ferme le flacon : ce tube est porté au rouge sur une certaine partie de sa longueur ; l'hydrogène arsénié s'y décompose, et l'arsenic s'y dépose sous forme d'un anneau métallique sur lequel on peut constater ses propriétés; ou bien on allume un' jet de gaz, et l'on tient au-dessus de la flamme une soucoupe de porcelaine; on voit alors se déposer des taches d'arsenic métallique noires aux endroits où la porcelaine est en contact avec la flamme ; la présence de l'arsenic se reconnaît même à la couleur de la flamme, qui, au lieu d'être d'un jaune pâle comme avec l'hydrogène pur, est alors d'un blanc bleuâtre, et répand des fumées blanches. L'arsenic n'était pas connu des anciens; ce que les Grecs et les Arabes nomment ainsi est l'orpiment, l'un des sulfures de ce métal. Il paraît avoir été connu de Paracelse ; mais Brandt est le premier qui, en 1733, l'ait bien étudié.


ARSENIC

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