ASILE





ASILE lieu de refuge et de sûreté pour les criminels, d'où il n'était pas permis de les arracher. Chez les anciens, les temples, les statues des dieux, les tombeaux, les autels, jouissaient de ce privilège. Le droit d'asile passa du paganisme au christianisme. Au moyen âge, les églises, puis tout ce qui faisait partie du domaine ecclésiastique, furent des asiles ; ce droit, introduit sous Constantin, avait encore été étendu, par un décret de Théodose le Jeune, en 431, et plus tard, par le concile de Tolède. Les plus célèbres asiles, au moyen âge, furent, en France, les églises de Notre-Dame de Paris et de St-Martin de Tours ; en Angleterre, Beverley. Le droit d'asile ayant donné lieu à de graves abus par l'impunité qu'il assurait aux criminels, le pouvoir temporel travailla constamment à le restreindre : Louis XII supprima plusieurs asiles dès 1500, et François I", en 1539, abolit le droit d'asile en France. Cependant, jusqu'en 1789, ce droit se maintint à Paris pour la maison royale et pour l'hôtel du grand prieur de Malte (le Temple). Il n'existe plus auj. eu Europe, si ce n'est en partie pour les hôtels des ambassadeurs, Voy. EXTERRITORIALITÉ. Le nom à'Asile est consacré auj. à des établissements spéciaux de bienfaisance qui servent de retraite à des infirmes ou à des vieillards. Tels sont l'A. de la Providence, à Montmartre, fondé en 1804 pour les vieillards ou infirmes des deux sexes ; l'Asile fie convalescence, pour les hommes, fondé à Vincennes en 1855, et l'Asile 'ht Vésinet, pour les femmes, fondé en 1858. Tel était aussi, avant 1870, l'Asile du château de Saverne fondé en 1852 en faveur des veuves et filles des fonctionnaires publics.


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