MARIAGE





MARIAGE union légitime de l'homme et de la femme. On distingue le mariage civil contracté devant l'autorité civile et le mariage religieux contracté devant un ministre du culte. Le plus souvent les époux font consacrer leur union sous cette double forme toutefois en France le mariage civil suffit aujourd'hui pour valider l'union matrimoniale aux yeux de la société des peines sont même portées par la loi contre tout ministre du culte qui procéderait au mariage religieux avant le mariage civil (G. pén. art. 199-200). De son côté l'Église ne reconnaît pour légitime que le mariage qui a été sanctionné par la religion. Le Mariage constitue pour elle un des sept sacrements étmt le caractère est de sanctifier l'alliance de l'hom- me et de la femme en leur donnant la grâce de vivra ensemble chrétiennement. Autrefois le mariage était précédé de la cérémonie des fiançailles cette cérémonie n'a été conservée en France que pour le mariage religieux et encore elle n'est pratiquée que dans quelques localités. Les conditions exigées pour contracter le mariage sont l'âge de 18 ans révolus pour l'homme et de 15 ans pour la femme le consentement des parties contractantes le consentement des père et mère ou à leur défaut des ascendants et en cas de mort de l'un des parents le consentement du survivant en cas de dissentiment le consentement du père. Après l'âge de 25 ans pour le fils et de 21 pour la fille les or.fants sont tenus en cas de refus du consentement de la part des parents de demander par un acte respectueux renouvelé trois fois de mois en mois le conseil de leurs père et mère après l'âge de 30 ans pour le fils et de 25 pour la fille un seul acte respectueux suffit il peut être passé outre à la célébration du mariage un mois après. Le mariage est prohibé en ligne directe entre tous les ascendants ou descendants légitimes naturels ou adoptifs et les alliés dans la même ligne en ligne collatérale entre le frère et la soeur le beau-frère et la belle-sœur entre l'oncle et la nièce la tante et le neveu à moins de dispense pour ces trois derniers cas. Les principales formalités à remplir pour la célébration du mariage sont la publication des bans l'intervention et la présence de l'officier de l'état civil et la présence de quatre témoins. Après avoir donné lecture aux futurs époux des articles du Code qui sont relatifs aux obligations du mariage et aux droits respectifs des époux (Voy. ÉPODX) le maire reçoit de chaque partie la déclaration qu'elles veulent se prendre pour mari et femme il prononce au nom de la loi qu'ils sont unis par le mariage et en dresse acte sur-le-champ. Aujourd'hui en France le mariage ne se dissout que par la mort de l'un des époux. Avant la loi du 31 mai 1854 il pouvait l'être par la condamnation de l'un des époux à une peine entraînant mort civile. Du 20 septembre 1792 au 8 mai 1816 il put aussi être dissous par le divorce (Voy. ce mot). La séparation de corps seule permise aujourd'hui par la loi ne dissout pas le mariage. Aucun délai n'est imposé au mari devenu veuf qui veut contracter un second mariage la veuve au contraire ne peut convoler que 10 mois après son veuvage. Pour la législation relative au mariage Voy. le Code civil (articles 144-228 pour les formalités auxquelles l'acte de mariage est assujetti les art. 63-76. On fait ordinairement précéder le mariage d'un contrat destiné à régler les intérêts respectifs des époux et à constater l'apport des futurs la mise ou non en communauté le préciput le douaire etc. Une loi du 18 juillet 1850 impose l'obligation de déclarer dans l'acte de mariage s'il existe un contrat entre les époux (Voy. C. civ. art. 75 1387-1581 et dans ce Dictionnaire les mots COMMUNAUTÉ DOT SÉPARATION DE BIENS etc.). Plusieurs traités spéciaux ont été publiés sur le mariage un des plus complets et des plus estimés est le Traitédu mariage et de ses effets par M. Allemand. Voy. FAMILLE et FEMME. On appelle mariage mixte celui qui est contracté par des personnes de religions ou de communions différentes mariage de la main gauche le mariage contracté par un prince avec une personne de rang inférieur à laquelle il ne donne pas son nom et qu'il ne reconnaît pas officiellement comme son épouse cette espèce de mariage usité surtout dans la haute noblesse allemande tire son nom de ce qu'en effet le mari donne à sa femme la main gauche au lieu de la droite on le nomme aussi mariage morganatique (Voy. ce mot) les enfants qui en proviennent quoique légitimes en réalité sont réputés bâtards à l'égard de certains effets civils et politiques mariage in extremis^ celui qui est contracté au lit de mort ! le plus souvent on y recourt pour régulariser une position illégitime et assurer l'avenir des enfants mariage putatif celui qui est nul mais qui a été contracté de bonne foi par les deux époux ou l'un d'eux il produit les effets civils quant aux enfants et a l'époux de bonne foi (C. civ. art. 201 et 202) mariage clandestin celui qui a été contracté sans les conditions de publicité exigées par la loi c'est une cause de nullité. La forme la célébration et les conditions du mariage ont varié suivant les temps et les peuples. Chez les Hébreux le mariage était une obligation rigoureuse celui qui ne mariait pas ses enfants était déshonoré. Toutefois il ne paraît point que cet acte fût revêtu chez les Israélites d'aucune cérémonie religieuse. Chez les Assyriens toutes les filles nubiles étaient tous les ans réunies dans un même lieu et mises à l'encan en commençant par les plus belles l'argent qu'on tirait de cette vente servait à offrir aux autres une compensation de la beauté et à marier ainsi celles qui étaient moins favorisées de la nature. A Lacédémone les hommes ne se mariaient point avant 30 ans et les filles avant 20 les filles n'apportaient pas de dot à leurs maris. A Athènes on se mariait ordinairement en hiver dans le mois appelé à cause de cette circonstance gamélion (du gr. YaitEïv se marier) tous les mariages se célébraient à la lueur des flambeaux. A Rome le mariage se contractait par le seul consentement des époux. Toutefois la puissance maritale (manus) qu'il ne faut pas confondre avec le mariage même s'acquérait de trois manières par confarréation cérémonie symbolique qui consistait dans l'échange d'un pain de froment (far) emblème de la vie en commun par coemption sorte d'achat de la femme par le mari et par usucapion ou cohabitation d'un an. L'âge fixé par la loi pour le mariage était 14 ans pour les garçons et 12 pour les filles. Dans la Grande-Bretagne les formalités du mariage sont loin d'avoir la solennité désirable. Un statut de George IV exige le consentement des père et mère les publications préliminaires et la bénédiction dans une église mais il n'en est pas de même en Ecosse où les mariages du forgeron de Gretna-green ont acquis une triste célébrité et ont été longtemps considérés comme valides. En Italie en Espagne et en Autriche le mariage était il y a peu de temps encore un acte purement religieux comme il l'était en France avant la révolution de 1789 on le célébrait devant le curé de la paroisse. Mariage du doge avec l'Adriatique cérémonie qui avait lieu à Venise lorsqu'un doge entrait en charge. Monté sur la galère appelée Bucentaure il s'avançait dans la mer et jetait une bague dans les flots en prononçant la formule des fiançailles. Voy. DOGES au DM. d'Hist. et de Gëogr.


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