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MODERNE (ART). Après les magnifiques débuts de la Renaissance ( Voy. ce mot) l'Art fut arrêté en Allemagne par les guerres et le protestantisme étouffé en Espagne par le despotisme et corrompu en Italie par le mauvais goût (Voy.ITALIEN [ART]). En France il a subi depuis le xvi° siècle des révolutions plus sensibles encore que la Littérature par l'influence soit de causes politiques (monarchie absolue révolution etc.) ou morales (coût des princes pour le faste raffinements du maniérisme caprices du luxe etc.) soit des théories esthétiques (style académique et réalisme engouement professé tour à tour pour l'antiquité ou le moyen âge etc.). Au milieu de ces transformations on trouve dans les œuvres des artistes les plus éminents un fond commun de qualités qui constituent le génie national c.-à-d. la clarté dans les idées la force et la mesure dans les sentiments la précision et le naturel dans l'expression. Sous Louis XIII l'Architecture civile prit un aspect plus monumental et gagna en originalité. J. De-brosse protégé par Marie de Médicis construisit l'aqueduc d'Arcueil la grande salle du Palais de justice le palais du Luxembourg. Richelieu fit bâtir par Lemercier la Sorbonne le palais Cardinal (auj. Palais-Royal) le pavillon de l'Horloge au Louvre. Mazarin à son tour éleva un palais (Bibliothèque impériale) où il réunit des œuvres d'art de toute espèce et fit faire par Levau les plans du collège des Quatre-Nations (Institut). A l'époque où Louis XIV gouverna lui-même les édifices eurent un caractère incontestable de grandeur et de magnificence l'harmonie de l'architecture et de la décoration leur donna une remarquable unité. La colonnade du Louvre de Cl. Perrault est peut-être l'œuvre la plus importante de ce règne par l'influence qu'elle exerça en France et en Europe. Paris eut en outre l'hôtel des Invalides (Bruant) la porte St-Denis (Blondel) la porte St-martin (Bullet) la place Vendôme et la place des Victoires (J.-H. Mansart) etc. Levau et J.-H. Mansart construisirent le château de Versailles au centre duquel ils conservèrent le rendez vous de chasse de Louis XIII l'architecture y atteignit le plus haut degré de luxe et de magnificence dans les décorations intérieures (peintures de Lebrun etc. ameublement de Delobel) Lenôtre dessina les jardins qui furent ornés de colonnades de grottes de statues etc. La France se couvrit de châteaux somptueux Vaux St-Cloud Maisons etc. et Paris de riches hôtels H. Soubise (auj. Archives) H. de Rohan (Imprimerie impériale) H. de La Vrillière (Banque) H. Lambert H. Duchâtelet (Archevêché) H. de Belle-Isle (Caisse d'amortissement). Sous Louis XV l'art subit la funeste influence de la corruption du goût dont le coryphée fut Borromini en Italie Gabriel résista à ces déplorables tendances Hôtels de la place Louis XV (place de la Concorde) École militaire salle de spectacle à Versailles Château de Compiègne. J.-D. Antoine bâtit l'hôtel de la Monnaie. Dans divers quartiers de Paris surtout dans le faubourg St-Ger-main on éleva de grands et magnifiques hôtels H. Beauveau (ministère de l'Intérieur) le palais Bourbon H. d'Évreux (Eli/sée) etc. Sous Louis XVI une brusque réaction appauvrit le style sous prétexte de revenir à la pureté antique et en s'éloignant du genre rocaille on donna aux décorations intérieures un aspect sec ou maniéré. Vict. Louis se fit une juste renommée par les galeries du Palais-Royal le Théâtre-Français (voûtes planchers et comble en fer) le Grand théâtre de Bordeaux. Quant à l'Architecture religieuse de Louis XIII à Louis XVI elle innova en deux choses 1° Debrosse. imitant le Jésus et San-Andrea-del-Valle à Rome construisit pour St-Gervais un portail en placage décoré desordres antiques portail qui servit long-temps de type pour les églises (St-Paul St-Louis St-Roch par Robert de Cotte et Lemercier etc.) la plus grande œuvre de ce genre fut le portail de St-Sulpice par Servan-dpni 2° lorsque St-Pierre de Rome fut terminé la réputation de sa coupole conduisit h remplacer les flèches par des dômes qui donnèrent aux églises un aspect noble et grandiose les plus remarquables sont ceux du Val-de-Grâce (Fr- Mansart Le-muet) des Invalides (J.-H. Mansart) de Ste-Geneviève (Soufflot). Après la Révolution le goût de l'époque et les vues de Napoléon Ier donnèrent naissance à l'école classique qui imposa à tous les édifices sans tenir compte de leur destination et de la différence des temps l'imitation de l'antiquité romaine Arc-de-triomphe du Carrousel par Fontaine et Percier colonne d'Austerlitz (pi. Vendôme) par Denon Gondouin et Lepère fontaine de la Victoire (pi. du Châtelet) par Bralle péristyle du Corps législatif par Poyet Bourse par Brongniart et La-barre Temple de la Gloire (Madeleine) etc. On adopta également pour les meubles les bronzes et l'orfèvrerie des formes anguleuses et une simplicité exa- gérée. On suivit la même direction pendant la Restauration Monument expiatoire de Louis XVI par Fontaine et Percier Notre-Dame de Lorette par H. Lebas St-Vincent de Paul par Lepère et Hit-torf. Mais sous Louis-Philippe il se forma deux nouvelles écoles la première réagissant contre l'école classique et s'inspirant des idées développées par V. Hugo dans Notre-Dame de Paris professe que l'architecture ogivale du xme siècle représente le type le plus parfait de notre architecture nationale et doit être prise exclusivement pour modèle dans la construction des nouvelles ^glises (Foi/. GOTHIQUE) la seconde « plus large dans ses doctrines moins exclusive dans ses admirations veut tout en s'appuyant sur les grands principes de l'antiquité tenir compte de tout ce que le moyen âge et la renaissance nous ont transmis de beau soit en Italie soit en France et en tirer d'utiles et féconds enseignements pour arriver à la création d'un style approprié à nos besoins à nos matériaux et à notre climat (L. Vaudoyer). » La divergence de ces tendances se révèle dans les édifices élevés ou terminés depuis 30 ans Arc de triomphe de l'Étoile (Chalgrin de GïsorsHuyot et Blouet) Palais du quai d'Orsay (Bonard et Lacornée) Madeleine (Vignon et Huvé) Uôtel-de-Ville (Godde et Lesueur) Ecole des beaux-arts (Duban) colonne de Juillet (Alavoine et Duc) fontaines Molière Louvois et St-Sulpice (Visconti) etc. Sous le règne de Napoléon III on cite l'achèvement du Louvre (Visconti et Lefuel) la restauration de Notre-Dame (Viollet-le-Duc) de la Ste-Cha-pelle (Duban et Lassus) du prieuré de St-Martin des Champs aujourd'hui Conservatoire des arts et métiers (L. Vaudoyer) de l'église de St-Denis etc. le tombeau de Napoléon Ier aux Invalides (Visconti) la construction de St-Jean-Baptiste à Belleville (Las-sus) de la Ste-Trinité et de St-Ambroise (Ballu) etc. celle de l'Opéra (Garnier) des Halles centrales (Baltard) de la gare du Nord (Hittorf) du pont du Point-du-Jour pour la ligne de ceinture etc. Consulter L. Vaudoyer Histoire de l'architecture en France (dans Patria) Lenoir Statistique monumentale de Parisetc. Voy. MONUMENTS HÔTELS MAISONS PALAIS THÉÂTRES TOMBEAUX etc. Dans la Sculpture la 2° école française procède de Simon Guillain (statues en bronze de Louis XIII à.'Anne d'Autriche et de Louis XIV enfant} et de J. Sarazin (caryatides du pavillon de l'horloge au Louvre mausolée de Henri de Bourbon). Les œuvres des artistes qui la composent ornent les châteaux de Versailles et des Tuileries ou le musée du Louvre Fr. Anguier (mausolée du duc de Montmorenci) M.Anguier (sculptures du Val-de-grâce et de la porte St-Denis) B. et G. Marsy (porte St-Martin) Tubi (mausoléedeTurenne).Puget élève de Pierre de Cor-tone se plaça au premier rang par la grandeur l'énergie et le mouvement on admire son Milon de Crotone son groupe de Perses et Andromède ses bas-reliefs deDiogéne et de la Peste de Milan. Girar-don rechercha dans la sculpture la noblesse et la pompe comme Lebrun dans la peinture (statues des bains d'Apollon Enlèvement de Proserpine mausolée de Richelieu). Coysevox le Van Dyck de la sculpture exprima fort bien dans ses œuvres le style goûté à cette époque (chevaux ailés à l'entrée des Tuileries tombeaux de Mazarin de Colbert de Lebrun). On cite encore Buister Guérin Magnière Le Hongre Mazeline Des jardins Mallerot Lecomte Le-gros les Slodtz etc. La recherche outrée de la grâce voluptueuse ou l'affectation de l'énergie amenèrent la décadence N. Coustou (Naïades Vœu de Louis XIII) G. Coustou (Chevauxde Marly à l'entrée des Champs-Élysées groupes A'Hippomène et Atalante d'Apollon et Daphné) et son fils (Vulcain et Vénus) Fal-conet (Baigneuse statue de Pierre le Grand à St-Pétersbourg) Lemoyne J.-J. Caffîeri (bustesdes deux Corneille etc.) Vinache les Adam les Dumont etc. Malgré son goût pour l'antiquité Bouchardon na sut pas se préserver du maniérisme (Amour vainqueur Psyché et l'Amour fontaine de la rue de Grenelle"). Pi galle affecta le réalisme ( Voltaire Mercure tombeau du maréchal de Saxe}. L'art entra dans une voie nouvelle avec Mouchy Pajou Glodion Roland Houdon (Écorché Voltaire) Julien qui épura le style (la Chèvre Amalthée). Alors eut lieu un retour vers les principes de l'antiquité en Italie Canova Marochetti en Angleterre Flaxman en Suède Thorwaldsen en France Ghaudet Ramey ère Lemot Dupaty Gartellier Bosio Roman Moitte. otre époque a été féconde en artistes qui ont décoré les nouveaux monuments ou composé des œuvres placées au musée du Luxembourg David d'Angers (fronton du Panthéon statues bustes médaillons) Rude (le Départ à l'Arc de triomphe dont les autres groupes sont dus à Cortot Étex et les bas-reliefs à Seurre Feuchère Chaponnière Gechter Brun Laitié Jacquot Gaillouette Bra) Pradier (Muses de la fontaine Molière Sapho bustes) Simart (tombeau de Napoléon I") Nanteuil (frontons de N.-D. de Lorette et de St-Vincent de Paul Eurydice) Lemaire (fronton de la Madeleine). Les frontons les groupes colossaux et les caryatides du nouveau Louvre sont dus à MM. Barye (la Paix la Guerre la Force et l'Ordre aux pavillons Richelieu et Denon) Cavelier Guillaume Duret Jouffroy Lequesne Vilain Gruyère Diebolt Follet etc. On-cite en outre pour d'autres œuvres MM. Barye (animaux en bronze) Cavelier (Pénélope endormie) Du-mont (Génie de la Liberté sur la colonne de Juillet) Foyatier (Spartacus aux Tuileries) Duret (Pécheur dansant la tarentelle etc.) Lequesne (Faune dan-sant) Millet (Ariane Bacchante) Perraud (Enfance de Bacchus) Ottin (Acis et Galathée au Luxembourg) Dantan Clésinger Debay Carpeaux etc. En Allemagne la renaissance de la sculpture a produit Dan-neker (Ariane sur la panthère) Schwanthaler ( Victoire d'Hermann) Rauch (monument de Frédéric-le-Grand) Rietschel (groupe de Goethe et Schiller) Kiss (Amazone). Consulter fimeric David Histoire de la sculpture française L. et B. Ménard Sculpture antique et moderne de Clarac Musée de sculpture antique et moderne Viardot Merveilles de la sculpture etc. Voir SCULPTURE ORFÈVRERIE. La Peinture française a passé par les mêmes transformations que l'Architecture et la Sculpture. L'élévation et la clarté dans la pensée la simplicité et la vérité dans l'exécution se trouvent au plus haut degré dans ceux de nos artistes qui au xviie siècle ont vécu à Rome dans une complète indépendance. N. Poussin le plus parfait de tous pour le style la composition et l'expression traita avec un égal succès les sujets religieux historiques mythologiques l'allégorie et le paysage (élèves le Guaspre J. Stella) son ami le Lorrain (Cl. Gelée) donna à ses paysages un charme incomparable en alliant la vérité à un sentiment élevé et poétique. Il faut mettre avec eux J. Courtois Valentin et Callot génie comlètement original. Quant aux artistes qui vécurent la cour ils achetèrent trop souvent la faveur des princes en sacrifiant à leur goût pour la pompe décorative les qualités propres au génie français. Simon Vouet peintre de Louis XIII fut moins grand par ses œuvres que par ses élèves Lesueur Lebrun Mi-gnard et Dufresnoy. Lesueur surnommé le Raphaël français vécut chez les chartreux à la sensibilité et à la profondeur de la pensée il unit la puissance de l'expression Lebrun au contraire exprima lui-même et imposa à tous les artistes placés sous sa direction la majesté théâtrale qui plaisait à Louis XIV (Blan-chard de la Fosse Jouvenet etc.). Son successeur Mignard réussit surtout dans les portraits genre où se distinguèrent Ph. Champagne J.-B. Champagne surtout Rigaud et Largillière comme Van der Meulen dans les batailles. A l'opposition de Santerre Bourdon donna l'exemple d'une funeste facilité et les Çoypel firent de l'histoire une mise en scène comme Troy Lemoyne etc. L'ennui causé par cette pompe uniforme fit le succès de Watteau le peintre des fêtes galantes qui rendit la fantaisie aimable par sa couleur et sa grâce. Après les Vanloo qui s'adressaient aux sens plutôt qu'à l'esprit Boucher contribua plus que tout autre à la corruption du goût en employant son talent à flatter le libertinage de l'époque. L'art ne se maintint alors que dans des individus isolés et dans des genres secondaires Des-portea Oudry Chardin Cl.-J. Vernet etc. Greuzo le ramena à la moralité. Vien commença la réforme qu'accomplit avec éclat son élève L. David. Malheureusement celui-ci au lieu de revenir à Poussin recula jusqu'à l'antiquité romaine et en cherchant la beauté austère il se rapprocha souvent de la statuaire l'apparition du Serment des Horaces (178/i) mit à la mode les formes romaines dans les habits et les ameublements la pose académique dans la peinture. Après Girodet Guérin Lethière et Gérard premiers élèves de David Gros se distingua par la couleur et le mouvement. Pendant que Pru d'hon cherchait le naturel et la grâce que Léopold Robert restaurait le paysage historique et Granet le genre des intérieurs Géricault par son Radeau de la Méduse donna le signal d'une révolution. Alors s'accusèrent nettement deux tendances contraires dont l'exagération a disparu aujourd'hui !'école classique s'appliqua exclusivement au dessin l'école romantique a la couleur. On cite à des titres divers Ingres (Apothéose d'Homère) Flandrin (peintures murales de St-Vincent de Paul et de St-Germain des Prés) Delaroche (hémicycle de l'École des beaux-Arts) Delacroix (plafond de la galerie d'Apollon au Louvre) Decamps Ary Scheffer H. Scheffer H. Vernet et parmi nos contemporains MM. Heim Cogniet Robert Fleury Dévéria Glaize Hébert Mûller Yvon Cabanel Gérôme Meissonnier Eug. Isabey G. Roqueplan Ch. Comte Diaz Ed. Frère Marchai Trayer etc. Voy. en outre les noms cités à HAIUNES PAYSAGE PORTRAIT MINIATURE PASTEL etc. Pour comprendre l'histoire de la peinture française il faut connaître aussi celle des écoles étrangères qui _ont exercé ou exercent sur elle leur influence. École flamande. Après la renaissance elle eut pour chef Rubens qui parcourut l'Italie et composa avec une imagination et une fécondité inépuisables des tableaux de sainteté d'histoire et de mythologie des portraits partout admirable par la vie de ses figures et la magie de son coloris. Il eut pour élève et pour émule Van Dyck qui réussit surtout dans les portraits. Ensuite vinrent G. de Crayer Jor-daens Quellin Van den Hœck Téniers le jeune Van Kessel Van Oost etc. Après avoir subi une éclipse au xvni8 siècle la peinture flamande s'est relevée aujourd'hui avec Leys d'Anvers. École hollandaise. Son grand maître fut Rembrandt qui excella par l'expression de ses têtes la vérité des gestes l'énergie du dessin et la perfection de son clair-obscur sous l'influence de la réforme il représenta sous une forme vulgaire les scènes bibliques. Ses successeurs recherchèrent le pittoresque et les effets do lumière peignirent les mœurs de leurs compatriotes et les aspects variés de la nature Van der Helst A. Cuyp Berghem Van Ostade G. Dow Terburg Metzu les Miéris Brauwer Wouvermans Dujardin Van Steen Van der Werf. On cite dans le paysage Wynants Van Pynacker Ruysdaël le plus grand de tousi.Hob-bemaA. Van den Velde Van der NeerPh. Koning dans les marines L. BackuysenGuill.Van den Velde Lingelbach pour les intérieurs Peter Neefs H. Van Steenwyck P. de Hooghe Van der Heyden pour les animaux Potter pour les fleurs Van Huysum Van Spaendonk. École espagnole. Po|/. RENAISSANCE. École anglaise.Aliène s'est distinguée que dans les genres secondaires Hogarth Reynolds Wilson Turner Lawrence Wilkie. École allemande. Owerbeck et Cornélius ont de nos jours essayé do faire revivre le xv" siècle par l'archaïsme et le symbolisme. Heureusement d'autres artistes comme Kaul-bach Knauss etc.se sont appliqués a produire leur pensée sous des formes vraies et pittoresques. Consulter Ch. Blanc Histoire des peintres Viardot Musées d'Europe L.etR. Ménard Histoire des beaux-arts Michiels Histoire de la peinture flamande Raczinski Histoire de l'art moderne en Allemagne Maxime du Camp les Beaux-arts en 1855 Robillard et Laurent Musée français et Musée royal îïlhol Musée Napoléon Galènes de Versailles. Voy. PEINTURE GRAVURE ESTAMPES LITHOGRAPHIE. MODERNE Prochainement des photos et des images en ligne Voici la définition du mot MODERNE |