ACCORD





ACCORD En Musique, plusieurs sons émis simultanément et dont la réunion est agréable à l'oreille prennent le nom d'accord. L'accord le plus simple est formé par deux notes. Deux voix chantant à la tierce produisent déjà une harmonie agréable ; mais s'il s'y joint une troisième voix attaquant la quinte, l'harmonie est complète, et il en résulte ce qu'on nomme un accord parfait ; c'est l'accord normal, d'où procèdent tous les autres. L'accord parfait a pour fondement les premières divisions du monocorde, c.àd. d'une corde tendue qui donne un son déterminé : p. ex. ut. Si l'on divise cette corde par la moitié, on obtient l'ut à l'octave supérieure ; son quart donne l'ut à la double octave ; son tiers, le sol à la 12e (12e degré) ; le cinquième, le mi à la 17e ; le sixième, le sol octave du tiers ; le septième, un si à la 21e ; le huitième, un ut à la triple octave, et le neuvième un ré à la 23e ; ce qui représente une suite de tierces, et donne tous les sons dont se forme l'accord le plus compliqué. — On distingue des accords consonnants et des accords dissonants. Les premiers se composent des intervalles de tierce, de quarte, de quinte, de sixte et d'octave, qui sont les plus agréables ; les autres, où figurent la seconde et la septième, ne peuvent satisfaire l'oreille qu'à la condition d'être suivis d'un accord consonnant, ou, comme on dit, de se résoudre suruneconsonnance.Ces deux familles d'accords dérivent, l'une de l'accord parfait, l'autre de l'accord de septième. Ce dernier se compose de quatre notes, à la tierce supérieure l'une de l'autre : sot, si, ré, fa. L'accord de neuvième, qui se forme en ajoutant la bémol aux quatre premières notes, n'est autre chose que le même accord dans le mode mineur. On donne encore à ces deux accords le nom à'À.primitifs ou fondamentaux, par opposition aux.4. dérivés, qui résultent de ceuxci par le moyen du renversement et de la substitution des intervalles, de la prolongation des consonnances, de l'altération et de l'anticipation des notes. La science des accords, qui se confond avec celle de l'harmonie, ne date guère que du xvie siècle. Cl. Monteverde se servit le premier des accords dissonants. Le géomètre Sauveur, les musiciens Rameau, Tartini, Kirnberger, Catel et Fétis ont porté cette science à un haut degré de perfection. Berton a donné un Dictionnaire des accords (1815), et Dourlen, un Tableau de tous les accords (1824). Voy. HARMONIE.


ACCORD

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