ORFÈVRE - ORFÈVRERIE





ORFÈVRE - ORFÈVRERIE l'orfevrerie est l'application de la sculpture aux métaux précieux (or argent aluminium etc). 1° La grosse orfèvrerie comprend la fabrication de grandes pièces comme ornements d'église et objets destinés au culte services de table objets d'art (p. ex. coffrets à bijoux statuettes etc.) on fait un modèle en cire on le moule en sable puis on fond et on cisèle quelquefois pourune œuvre d'art au lieu de fondre on repousse c.-à-d. on façonne en relief une lame d'argent que l'on cisèle ensuite certains objets d'argent sont dorés entièrement ou en partie décorés de nielles ou d'émaux (Voy. VERMEIL NIELLE ÉMAIL). 2° La petite orfèvrerie fabrique les instruments de table comme salières huiliers etc. souvent elle emploie l'estampage procédé expéditif mais sans valeur artistique. 3° La fabrication des couverts forme une branche distincte qui a ses procédés spéciaux. L''orfèvrerie-bijouterie fabrique des objets où le prix du travail égale ou même dépasse celui du métal bracelets pendants d'oreilles bagues épingles broches croix chaînes boutons boîtes de montre etc. (or ciselé filigrane émail). L'orfèvrerie-joaillerie est l'art de sertir les pierres précieuses pour en enrichir des bijoux etc. Voy. BIJOUX et JOAILLIER. Orfèvrerie d'imitation. Elle comprend la fabrication d'objets en cuivre doré principalement ceux destinés au culte le moyen âge a laissé de remarquables modèles des pièces plaquées d'argent ou argentées pour les services de table des bijoux faux en cuivre doré. La découverte de l'argenture et de la dorure par le procédé Elkington et Ruolz a permis à l'orfèvrerie d'imitation de produire surtout pour les services de table des œuvres qui rivalisent sous le rapport de l'art avec l'argenterie véritable et ne sont pas exposées comme elle à être converties en lingots. Voy. GALVANOPLASTIE. L'orfèvrerie est un art fort ancien. Elle fut pratiquée parles Indiens qui se distinguent encore par la délicatesse du travail et excellent dans le filigrane par les Chaldéens les Phéniciens et les Égyptiens dont on voit de précieux restes dans les musées. Les Grecs chez lesquels on cite Mentor la portèrent à la perfection (trépieds vases et coupes pour les temples vaisselle ciselée ou ornée de bas-reliefs rapportés bijoux ornés de cette granulation dont M. Castellania de nosjours retrouvé le secret comme pendants d'oreilles boucles et agrafes épingles et broches bracelets bagues diadèmes forr es de fleurettes émaillées colliers faits d'une chaîne à laquelle pendent des camées des figures ou des pièces de monnaie). Ils enseignèrent leur art aux Étrusques et aux Romains dont le luxe est célèbre. On en a découvert de beaux spécimens dans les fouilles d'Herculanum et de Pompéi de Kertch et de Koul-Oba (en Crimée) de Vulci de Chiusi de Caere On en voit à Paris à la bibliothèque nationale [Cabinet des antiques et médailles) et au Louvre L'orfèvrerie tomba ensuite en décadence entre les mains des Byzantins qui substituèrent à l'art le poids du métal et la profusion des pierres précieuses. Ces derniers enseignèrent leurs procédés aux Italiens qui s'affranchissant de leur tradition produisirent des chefs-d'œuvre à l'époque de la Renaissance on cite alors Verrochio Thomaso Bigordi Finiguerra le Francia Benvenuto Cellini qui laissa un Traité de l'orfèvrerie et mit à la mode les figurines collées contre la panse ou grimpant le long du pied des aiguières etc. En France on suivit d'abord la tradition romaine. Sous le roi Dagobertj St Éloi fut renommé par l'habileté qu'il déploya dans la fabrication d'objets destinés au culte mais les invasions des Normands détruisirent les richesses des monastères. Pendant qu'en Allemagne l'école rhénane naissait de la tradition byzantine l'abbé Suger sous Louis VII restaura l'art en faisant exécuter pour l'abbaye de St-Denis par des orfèvres lorrains des œuvres remarquables dont il reste quelques spécimens dans la collection des gemmes et joyaux de la Couronne au Louvre. Son exemple eut de nombreux imitateurs. Le style gothique devint alors le caractère de l'orfèvrerie religieuse les châsses p. ex. représentèrent des églises ogivales en or en argent ou en cuivre doré. Le goût se développa aussi pour les joyaux et pour l'argenterie destinée au service de la table fontaines salières aiguières hanaps bouteilles drageoirs etc. Sous St Louis les orfèvres de Paris formaient déjà une corporation importante. Le style renaissance imita les figures allégoriques que l'Italie avait mises à la mode. Henri II eut Et. Delaulne qui a laissé de précieux modèles gravés au burin et Fr. Briot auteur d'aiguières en étain (musée de Cluny) Henri IV D. Venant et J. Delahaye. Le style Louis XIII commença i une ère nouvelle avec R. Delahaye P. Courtois Merlin et la joaillerie joua un rôle important. Le style Louis Keutla même noblesse que l'architecture la sculpture et l'ameublement de la même époque alors brillèrent Cl. Ballin Lescot Jean Grevet L. Texier Montarsy Al. Loir P. Germain malheureusement les désastres de la guerre d'Espagne firent fondre des somptuosités de tout genre on ne les connaît que par les estampes de N. Delaunay de Le-pautre et de Berain. Sous Louis XV Ballin le'neveu j et Th. Germain firent quelques belles choses mais le mauvais goût finit par prévaloir avec le genre rocaille. En même temps avec plus de caprice dans la monture les bijoux eurent moins d'élégance l'or et l'émail compromirent souvent l'éclat de la pierre. Le style Louis XVI avec Micalef et Auguste adopta cette grâce galante et un peu maniérée qui convient à un boudoir. La Révolution détruisit leurs œuvres et ce qui est irréparable les richesses de l'orfèvrerie sacrée. Sous l'Empire Thomire Odiot etc. imitèrent avec lourdeur l'antiquité grecque et romaine. La fin de la Restauration eut un homme de génie Fauconnier. Enfin après 1830 Vagner Froment-Meurice Vechte et Feuchère atteignirent à une perfection qu'on n'a point dépassée.


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