| BAGNES |
|
|
|
BAGNES (de Vital, bagno ; du nom d'un bain public de Constantinople où l'on enfermait jadis les esclaves européens), établissements créés en France après la suppression des galères, en 1748, et destinés à recevoir les galériens ou forçats, criminels condamnés aux travaux forcés, soit à perpétuité, soit a temps. Les premiers bagnes s'élevèrent à Brest et a Marseille ; on en établit ensuite à Cherbourg, Lorient, Rochefort et Toulon ; mais depuis 1830, ces divers bagnes, à l'exception du dernier, ont été successivement fermés; enfin le décret du 16 fév. 1852 ayant prononcé la suppression des bagnes et leur remplacement par des colonies pénitentiaires (Voy. ce mot), le bagne de Toulon resta ouvert jusqu'en 1873 pour les condamnés amoins de 10 ans et comme port d'embarquement. Il était placé sous l'autorité du préfet maritime, sous la surveillance d'un commissaire de marine et sous la garde des gardes-chiourme. — Le costume des forçats se compose d'un pantalon, d'une veste ou d'un gilet, d'une houppelande et d'un bonnet : les condamnés de 5 à 10 ans ont le costume de couleur rouge; ceux qui ont un plus long temps a faire se distinguent par un bonnet vert; les condamnés à vie ont la houppelande rouge avec une large raie brune, couvrant les épaules et la poitrine, et le bonnet d'une couleur brun foncé. — Dans l'origine, les galériens restaient dans les bagnes enchaînés sur leurs bancs ; un très-petit nombre étaient admis aux travaux de grande fatigue des arsenaux. Sous l'administration de M. de la Reinty, ils furent tous admis à tour de rôle aux travaux extérieurs. Depuis, on n'a point cessé d'améliorer leur condition dans un but d'humanité et de moralisation : on les a classés soit d'après la durée de leur peine, soit d'après la nature de leurs crimes. Les condamnés, d'abord attachés deux à deux à la même chaîne, obtiennent par leur bonne conduite d'être découplés et de faire remplacer leur boulet par une manille, petit anneau de fer plus léger; on leur permet de se livrer aux travaux de leur profession ; on les laisse travailler pour leur propre compte pendant certaines heures; on enseigne même une industrie à ceux qui n'en ont pas. Voir : B. Appert, Bagnes, prisons et criminels (1836). Voy. aussi TRAVAUX FORCÉS. BAGNES Prochainement des photos et des images en ligne Voici la définition du mot BAGNES |