PESTE





PESTE Ce mot longtemps appliqué à toutes les maladies épidémiques qui décimaient les populations désigne spécialement aujourd'hui le typhus ou fièvre grave d'Orient qui est caractérisée par des bubons des hémorrhagies externes ou interstitielles des gangrènes partielles (taches pustules charbonneuses) et par des troubles nerveux très-graves. La marche de la peste est généralement ascendante sans alternatives d'exacerbstion et de rémission sa durée moyenne est d'un septénaire quelquefois de deux souvent la mort arrhe du second au troisième jour ou même plutôt. Des genettes y distingue trois logrés le 1er où la fièvre est légère et sans délire dans ce cas la guérison est prompte et facile et le mal laisse peu de traces le 2e où le délire d'abord violent s'apaise vers le 5" jour et la fièvre vers le 7e ce degré offre quelques cas de guérison mais les forces reviennent lentement et les malades restent toujours la guissants privés d'une partie de leur intelligence et de l'usage d'un ou de plusieurs membres le 3e où le délire et la fièvre sont considérables et le mal presque toujours mortel. — La peste exerce principalement ses ravages sur les côtes orientales de la Méditerranée. Aucune maladie n'a été jusqu'à présent aussi meurtrière que la peste. Sans rappeler les pestes de l'antiquité notamment celle qui désola Athènes au temps de Périclès ce fléau a dans les temps modernes du vi au xvin* siècle frappé successivement presque toutes les populations des divers États de l'ancien continent. La première des grandes pestes connues éclata en 542 sous Justinien. Tout le monde sait quels ravages la peste exerça dans l'armée des Croisés devant Tunis et que St Louis en mourut (1270). L'Italie fut ravagée par ce fléau jusqu'à quinze fois dans les xive et xv siècles Londres fut décimé en 1665 la Provence en 1720 la Russie en 1771. En 1798 elle fit de nombreuses victimes dans notre armée d'Egypte. La dernière épidémie a sévi en Egypte et à Constantinople en 1834 et 1835. Les essais tentés de nos jours ont montré qu'il n'y avait a employer contre ce mal qu'un traitementsymptomatique dans lequel doit dominer l'emploi des antiphlogistiques. L'émétique et le phosphore ont été essayés sans succès l'application du cautère actuel a quelquefois réussi. Les causes de la peste ont été l'objet de discussion s très-vives. Qu'elle soit ou non contagieuse elle paraît être originairement produite par un empoisonnement miasmatique provenant lui-même de l'accumulation de matières infectes qui a lieu dans les pays chauds où l'on ne prend aucune des précautions que prescrit l'hygiène. Constamment elle a sévi dans les contrées où régnait la barbarie tandis qu'elle s'est affaiblie et a fini par disparaître partout où la civilisation a fait des progrès. Presque permanente en Orient dans les temps modernes elle n'y existait pas du temps de la civilisation égyptienne grecque et romaine tandis qu'elle dévastait continuellement l'Europe occidentale alors plongée dans la barbarie. — Consulter l'Histoire médicale de l'armée d'Orient de Des genettes les écrits de Pariset et surtoutle remarquable Rapport sur la peste rédigé par le Dr Prus au nom d'une commission nommée par l'Académie de médecine


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