PHARE





PHARE tour surmontée d'un fanal ou foyer lumineux et qui sert à indiquer pendant la nuit aux navigateurs le voisinage de la terre les écueils l'embouchure des fleuves ou l'entrée des ports. Les phares de France forment un système d'éclairage très-complet et sont divisés en trois classes de grandeurs et de portées différentes les phares de 1er ordre espacés en général de 14 lieues marines (60 kilomètres) servent à reconnaître les parages et pour les bâtiments qui viennent du large à corriger l'estime les phares du 2e ordre indiquent les écueils les baies et les rades les phares du 3e ordre signalent les passes l'embouchure des fleuves et l'entréedes ports. Chaque ordre de phares a ses feux particuliers. Les uns sont à feu fixe et éclairent constamment tous les points de l'horizon d'autres sont à feu tournant ou à éclipses dans ces derniers le temps qui sépare une éclipse de l'éclipsé suivante est constant pour chaque ordre de phare ot donne le caractère distinctif du feu d'autres enfin offrent un feu fixe varié par des éclats périodiques très-brillants. — Les phares ne furent d'abord que des feux qu'on entretenait la nuit au sommet d'une tour ou d'une montagne. Plus tard on remplaça cet éclairage imparfait par des becs de lampes placée» su foyer de miroirs paraboliques construits en métal poli. Aujourd'hui on emploie des lampes à double courant d'air et à mèches multiples et concentriques la lumière de ces lampes vient frapper de grosses lentilles mobiles en flint-glass qui la renvoient ensuite dans les directions voulues la construction de ces lentilles repose sur ce principe qu'en plaçant au foyer principal d'un verre lenticulaire un point lumineux on produit derrière la lentille un faisceau cylindrique de rayons parallèles qui peuvent se transmettre à de très-grandes distances. Comme la fabrication de lentilles d'une grande dimension est extrêmement difficile on a imaginé des lentilles à échelons composées d'un verre central de forme ordinaire entouré d'une série d'anneaux de peu d'épaisseur dont le profil est tel qu'ils ont tous le même foyer principal. On emploie aussi comme source de lumière l'arc yoltaïque engendré par la machine magnéto-électrique tel est le phare de la Hèveprès du Havre. — Les phares sont souvent établis sur des rochers isolés qui ne sont découverts que pendant les très-basses mers comme le phare d'Eddystone près de Plymouth celui du Four vis-a-vis du Croisic (Loire-Inférieure) celui de la Pointe de la Hague (Manche) de Barfleur (Seine-Inférieure) etc. L'emploi des lumières pour guider les navigateurs pendant la nuit remonte à la plus haute antiquité. Le fanal élevé sur l'île de Pharos vis-à-vis d'Alexandrie par le Gnidien Sostrate sous le règne de Ptolémèe Philadelphe passa longtemps pour une des sept merveilles du monde et donna son nom à tous !es appareils semblables. Les Romains employèrent aussi les phares et l'on voyait même encore en 1643 le phare qu'ils avaient élevé à Boulogne pour diriger les navires qui traversaient la Manche. Teulère ingénieur de la généralité de Bordeaux remplaça le premier en 1793 par des lampes à réflecteurs paraboliques les feux de bois ou de charbon de terre au moyen desquels on éclairait les phares. Argant y appliqua ensuite ses lampes à double courant d'air mais c'est surtout Fresnel qui a fait faire de grands progrès à l'art d'éclairer les phares on lui doit l'introduction des appareils dioptriques dont MM. Soleil H. Lepaute Chance etc. ont depuis porté la fabrication à un haut degré de perfection.


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