PLANÈTES





PLANÈTES non donné en Astronomie a des corps célestes qui comme la Terre circulent autour du soleil. On les distingue des étoiles fixes à leur absence de scintillation ( Voy. ce mot) à leur déplacement dans le ciel au milieu des étoiles et à leur diamètre apparent qui est toujours appréciable tandis que les meilleures lunettes n'ont jamais montré chez les étoiles un diamètre apparent sensible. Les planètes sont des corps non lumineux par eux-mêmes ce qui fait que dans le cours de leurs révolutions elles présentent des phases analogues à celles de la lune. Elles sont animées d'un mouvement de rotation plus ou moins rapide et par suite elles présentent aux pôles un aplatissement sensible.On a pu constater à la surface de plusieurs planètes la présence d'une atmosphère sillonnée par des nuages et des vents et l'existence de mers de montagneset même de glaces polaires enfin plusieurs planètes sont douées de satellites Voy. ce mot. Les anciens reconnaissaient 5 planètes Mercure Vénus Mars Jupiter et Saturne auxquelles ils ajoutaient la Lune et le Soleil. Pour les modernes la Lune et le Soleil ont cessé d'être des planètes mais aux vraies planètes anciennes ils ont ajouté d'abord la Terre puis Uranus découvert par Herschell en 1781 Neptune découvert par M. Le Verrier en 1846 et enfin une série de petites planètes situées entre Mars et Jupiter et dont les 4 premières Vesta Gérés Pallas et Junon ont été découvertes de 1800 à 1808 tandis que la découverte des autres est postérieure à 1840. Peut-être faut-il y ajouter les planètes dites intra-mercurielles dont on ne fait que soupçonner l'existence à cause de leur très-grande proximité du Soleil et notamment Vulcain aperçu par M. Lescarbault en 1859. — Les planètes se partagent en deux groupes d'après leur distance au soleil les planètes inférieures (Mercure et Vénus) qui sont plus rapprochées du soleil que la Terre et les planètes supérieures (Mars planètes télescopiques Jupiter Saturne Uranus Neptune) dont la distance au soleil est plus grande que celle de la terre la loi empirique de Bode fournit un procédé commode sinon très-exact pour retrouver ces distances. On écrit à la suite les nombres 0 3 6 12 24 48 ! 192 on ajoute 4 à tous ces nombres et on divise les résultats par 10 ce qui donne 0 4 07 116 28 5 2 10 19 6. Les quatre premiers termes représentent les distances de Mercure Vénus la Terre et Mars (la distance de la Terre étant prise pour unité) les trois derniers représentent les distances de Jupiter Saturne et Uranus. A l'époque où cette loi fut imaginée on ne connaissait aucune planète située entre-Mars et Jupiter en sorte que le nombre 2 8 né correspondait à rien mais Bode avait une telle confiance dans l'exactitude de sa loi qu'il ne craignit pas d'affirmer qu'un jour on trouverait quelque planète située à la distance 2 8 du soleil. La découverte des petites planètes (Vesta Gérés Pallas et Junon) dont les distances au soleil sont comprises entre 2 5 et 2 9 lui donna en effet raison mais la distance de Neptune au soleil ne satisfait pas a la loi de Bode elle est représentée par 30 04 tandis que la loi donnerait 38 8. Les planètes présentent dans leur mouvement de translation à travers l'espace des apparences singulières. 1° P. inférieures leur distance angulaire au soleil ne dépasse jamais une limite déterminée (21° pour Mercure 45° pour Vénus) que l'on appelle leur élon-gation maximum elles paraissent osciller de part et d'autre de cet astre en décrivant tantôt dans le sens direct tantôt dans le sens rétrograde des arcs que l'on appelle leurs digressions occidentales et orientales elles ont dans le cours de chaque révolution deux conjonctions supérieure l'autre inférieure et pas opposition. 2° P. supérieures leur distance angulaire au soleil peut prendre toutes les valeurs possibles et elles éprouvent dans le cours d'une révolution une conjonction et une opposition. Pendant une partie de leur course elles paraissent marcher dans le sens direct puis s'arrêtent c'estleur station puis elles marchent dans le sens rétrograde s'arrêtent de nouveau pour prendre le mouvement direct et ainsi de suite jusqu'à ce que le mouvement direct l'emportant sur le mouvement rétrograde elles finissent parrevenir au point de départ. Pour expliquer ces apparences les anciens avaient imaginé de faire parcourir aux planètes des cercles dont les centres parcouraient eux-mêmes d'autres cercles excentriques à la terre c'est le système des épicyeles et des déférents (Voy. ces mots). Aujourd'hui que l'on sait que les planètes tournent autour du soleil ces apparences ne présentent plus aucune difficulté. Elles résultent de ce que au lieu de voir le mouvement des planètes d'un point fixe l'observateur entraîné par la terre voit ce mouvement d'un point de vue qui change à chaque instant. Pythagore chez les anciens avait déjà enseigné que les planètes tournent non autour de la terre mais autour du soleil cette idée reprise chez les modernes et développée par Copernic Galilée etc. a fini par triompher de l'opposition systématique des partisans du système de Ptolémée. Mais c'est à Kepler et à Newton qu'est due la connaissance des véritables lois du mouvement des planètes. Ces lois connues sous le nom de lois de Kepler sont les suivantes « 1° les planètes décrivent dans l'espace d'occident en orient des ellipses dont le soleil occupe un foyer 2° leur mouvement est réglé de telle sorte que l'aire décrite par le rayon vecteur mené de la planète au soleil croît proportionnellement au temps 3° les carrés des temps des révolutions de deux planètes quelconques sont entre eux comme les cubes de leurs distances moyennes au soleil. » Newton a fait voir que de la seconde de ces lois il résulte que le mouvement dos planètes est produit par une force émanée du centre du soleil el de la première que cette force s'exerce en raison inverse du carré de la distance. Pour concilier les faits observés par Copernic avec les préjugés de son époque TychoBrahé avait imaginé de faire tourner les planètes autour du soleil et le soleil lui-même autour de la terre. Mais ce système n'a pas vécu. — Les planètes dans leur révolution autour du soleil sont soumises à certaines irrégularités dites perturbations ( Voy. ce mot et qui résultent des attractions réciproques qu'elles exercent les unes sur les autres. Voy. NEPTUNE. Pour déterminer la position d'une planète dans l'espace il faut connaître ce qu'on appelle ses éléments elliptiques. Ces éléments au nombre de sept sont les suivants 1° la longitude du nœud ascendant 2° l'inclinaison de l'orbite (ces deux éléments déterminent dans l'espace la position du Dlan de l'orbite) 3° la longitude du périhélie que fait connaître la position du grand axe 4° le demi-grand axe de l'orbite ou distance moyenne de la planète au soleil V l'excentricité (ces deux éléments déterminent les dimensions de l'orbite) 6° la longitude moyenne de l'époque c.-à-d. la longitude de la planète à l'instant à partir duquel on compte le temps 7° la durée de la révolution sidérale (ces deux derniers éléments combinés avec la deuxième loi de Kepler donnent à un instant quelconque la position de la planète sur son orbite). Il existe des formules qui permettent de calculer ces sept éléments dès que l'on connaît la longitude et la latitude astronomiques de la planète pour trois positions différentes.


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