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BOIS (de l'ail. Busch), substance compacte et solide qui compose la racine, la tige et les branches des arbres et des arbrisseaux. Les botanistes donnent plus spécialement ce nom à la partie dure et fibreuse qu'on trouve immédiatement sous l'écorce. — Dans les Dicotylédons, le bois se présente sous la forme de couches concentriques, ou cernes, de densité et d'épaisseur variables, et dont le nombre représente l'âge de la tige ; au centre se trouve le canal médullaire, d'où partent, en divergeant vers la circonférence, des lignes droites appelées rayons médullaires, qui coupent les couches concentriques et font communiquer la moelle intérieure avec le tissu cellulaire de l'écorce. Les couches intérieures, qui sont les plus anciennes, sont aussi les plus dures : elles forment le cœur du bois ou bois propr. dit ; les couches extérieures, qui sont de formation plus récente, sont plus tendres et moins colorées : elles constituent l'aubier. Considéré dans ses éléments constitutifs, le bois propr. dit se compose : 1° de tissu ligneux, système de vaisseaux superposés les uns aux autres et tellement adhérents qu'ils semblent former des fibres continues ; 2° de vaisseaux aériens ; 3° d'un tissu utriculaire. — Dans les Monocotylédons, le bois est sous la forme de fibres ou de faisceaux distincts et plongés au milieu d'un tissu cellulaire qui forme la masse de la tige ; ces fibres ligneuses sont d'autant plus abondantes et plus serrées les unes contre les autres qu'elles sont plus éloignées du centre de la tige : c'est le contraire dans les Dicotylédons. Le bois est pour l'homme une matière précieuse qu'il emploie, suivant ses diverses qualités, à une foule d'usages. De là plusieurs grandes classes : 1° Bois de chauffage. Les essences les plus dures et les plus pesantes, telles que le chêne, le hêtre, le charme, etc., sont les meilleures ; les bois blancs, qui donnent en brûlant beaucoup de flamme, sont recherchés pour le chauffage des fours. On distingue, parmi les bois à brûler : le B. neuf,_ qui vient par bateaux ou charrois ; le B. flotté, qui arrive par trains et séjourne longtemps dans l'eau ; le B. gravier ou demi-flotte ; le B. pelard, chêne dont on a enlevé l'é- corce pour faire du tan ; le brigot ou brigaut, composé uniquement de pieds de bouleau et de branches de vieux chêne. Au bois de chauffage se rattache le charbon ou bois carbonisé pourl'usage domestique ( Voy. CHARBON). — Le bois à brûler se vend soit à la mesure (jadis à la corde et à la voie, auj. au stère), soit au poids. Le commerce du bois est soumis à des règlements particuliers : Voy. le Manuel du marchand de bois de Marié de Lisle. 2° Bois de construction. Le chêne, l'orme, le hêtre, le charme, le châtaignier, le cèdre, le pin, le sapin et le mélèze sont les plus propres a la grande charpente ; le chêne et l'aune pour les ouvrages de pilotage; les grands pins du Nord pour la mâture des vaisseaux ; le bois de tek pour la construction de la coque. On distingue parmi les bois de construction : le fi. en grume, c.-à-d. non équarri ; le B. d'équar-rissage ; le B. de brin, provenant de petits arbres ; le li. d'échantillon, de grosseur ordinaire ; le B. de sciage, débité à la scie, etc. 3° Bois de travail. Ce sont : pour le charronnage, l'orme, le frêne, l'érable, le charme, le hêtre, l'acacia ; pour la menuiserie, le chêne, le hêtre, le sapin et le noyer, le tilleul, le cerisier, les bois blancs (peuplier, tremble, saule, etc.); ponrl'ébénisterie, l'acajou, le palissandre, le bois de rosé, le bois de citron, l'ébène, et en général les bois durs, veinés, susceptibles d'un beau poli et offrant des reflets variés. Les bois à grain fin, tels que le buis, le chêne vert, le cytise, sont recherchés pour le tour et les manches d'outils ; les jeunes bois de châtaignier, de noisetier,dits B. feuil-iards, pour les cercles et les lattes. 4° liais colorants ou de teinture. On comprend dans cette classe tous les bois employés en teinture, tels que les bois de Brésil, de Campêche, le santal, le bois jaune, le sumac fustet, etc. ; on peut y rattacher les bois dont l'écorce sert de tan, le chêne rouge, le peuplier, le bouleau. 5° Bois résineux, provenant de tous les arbres qui fournissent non-seulement de la résine, comme le pin, ma s aussi de la gomme, du vernis, du baume, des parfums, etc. 6° Bois médicinaux ou sudorifiques : le gaîac, le sassafras, la squine, la salsepareille, etc. Outre tant d'emplois variés, l'industrie tire encore du bois, par la distillation, de l'acide acétique, ainsi qu'une huile propre à l'éclairage et à la peinture ; on peut même en extraire des substances alimentaires : ainsi on extrait du sucre de l'érable du Canada, etc. Conservation des bois. Le bois étant sujet à une destruction rapide, tant par l'influence combinée de l'air extérieur et de l'humidité, que parce qu'il devient la proie de divers insectes ou de végétations cryptogames, on a dû rechercher de bonne heure les moyens de le mettre à l'abri de ces causes de destruction. La dessiccation, le séjour plus ou moins prolongé au fond de l'eau, l'exposition à la vapeur d'eau, le goudronnage et autres applications extérieures, ont été mis en usage depuis fort longtemps. Vers 1832, M. Boucherie a imaginé d'injecter dans les fibres mêmes du bois une substance saline qui pût le rendre pour ainsi dire incorruptible : le sulfate de cuivre, le pyrolignite de fer et divers chlorures ont été employés de cette manière avec plus ou moins d'avantage. Ce procédé réussit surtout pour les bois blancs et pour l'aubier des bois durs. On appelle vulg. Bois d'Absinthe ou B. amer, la Cassie, le Simarouba, etc.; — B. d'Acajou, le Cédrel odorant et le Mahogoni (Voy. ACAJOD) ; — li. d'Aigle ou B. d'Aloès, l'Aquilaire ; — B. d'Amarante, un bois de marqueterie, provenant du Mahogoni des Antilles ; — B. d'Anis, l'Avocatier, la Badiane étoilée, le Limonellier de Madagascar, qui exhalent une odeur d'anis ; — B. bénit, le Buis ; — B. de Brésil ou lire-sillet, B. de Fernambouc, B. d'Inde, un bois de teinture provenant du Cœsalpinia eclunata (Voy. CÉSAL-PINIE) ; — B. de Campt?che, un autre bois de teinture provenant de VHœmatoxylum campechianum (Voy. HÉMATOXYLE) ; — B. de cannelle, le Cannellier, le Laurier blanc de l'île Maurice, etc. ; — fi. de chandelles, le Balsamier élémifère, le Dragonier à feuilles réfléchies, et plusieurs arbres résineux qu'on nomme aussi li. à flambeau; — B de citron, le Citronnier, beau bois jaune, dont on fait de la marqueterie ; — //. à coton, le Peuplier de Virginie et autres arbres, dont les graines sont surmontées d'une touffe de poils blancs et soyeux, analogues au coton ; — B. de couleuvre, l'Ophiose, le Draconte, le Nerprun ferrugineux, etc. ; — li. de crocodile, la Clutie musquée.; — li. cuir, le Dirca; — B. de damier, le Badamier; — B. à enivrer, le Tithymale arborescent, le Galéga soyeux, la Coque du Levant, etc. ; — B. de fer, des arbres exotiques, à fibre très-dure, tels que \eSidero-xylon cinereum, un Fagarier (Fagara pterota), le Nagas de Ceylan, le Bois cabril, etc.; —li. de fièvre, tous les Quinquinas et le Millepertuis en arbre ; — B. gentil, le Daphné ; — B. jaune, le Laurier de la Jamaïque, le Bignone à ébène, le Tulipier, le Sumac fustet, etc. ; — B. à lardoire, le Fusain ; — B. de mai, l'Aubépine commune ; — B. de Perpignan, les rejetons du Micocoulier, dont on fait des fouets ; — B. à poudre, le Nerprun bourdaine, dont on se sert dans la fabrication de la poudre ; — B. puant, l'Ana-gyris et le Quassia fœtida ; — B. punais, le Cornouiller sanguin; — B. de rosé, de Rhodes ou de Chypre, diverses espèces de Balsamier, de Sébestier, de Liserons (Convolvulus) des Canaries, qui exhalent une odeur de rosé ; et plusieurs arbres exotiques, dont le bois rouge et rayé de belles veines d'un noir brillant est employé en ébénisterie ; — B. saint, le Gayac; — B. de Ste-Lucie, le Cerisier Mahaleb ; — B. satiné,le bois provenant du Ferolia (Voy. ce nom); — B. de senteur, le Ruizia ; — B. de Spa, bois blancs préparés à Spa, dont on fait des écrans, des coffres, des étuis, qu'on recouvre de peinture et de vernis. — B. trompette, la Cécropie, etc. Bois durci, sciure de bois mêlée avec une substance chimique et placée ensuite dans un moule où le bois se reconstitue plus compacte et plus solide qu'il n'était auparavant. — Ce procédé, imaginé en 1858, permet à l'industrie de produire à bon marché une foule d'objets de luxe ou de ménage qu'on ne pourrait se procurer qu'à grand prix. BOIS, en latin sylva, réunion, dans un même espace de terrain, d'arbres et d'arbrisseaux venus naturellement ou artificiellement. Lorsque l'étendue qu'ils occupent devient considérable, le bois prend le nom de forêt. On distingue les bois taillis, dont les arbres n'ont pas encore 40 ans; de demi-futaie, de 40 à 60 ans; de jeune futaie, de 60 à 100 ans, et de haute-futaie, qui dépassent cet âge. Voy. FORÊT. En Zoologie, on donne le nom de bois à ces prolongements osseux et caducs qui parent la tête du Cerf, du Renne, du Daim et de l'Élan. Voy. CERF. BOIS Prochainement des photos et des images en ligne Voici la définition du mot BOIS |