| BONHEUR |
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BONHEUR (de bon heur, bonne chance). Étant sensible, l'homme éprouve du plaisir toutes les fois qu'il réalise quelque partie du bien (Voy. BIEN). De l'ensemble et de la suite des plaisirs qu'il goûte résulte le bonheur; mais ceux-ci forment plusieurs espèces qui n'ont pas la même valeur. La satisfaction des appétits qui se rapportent au corps produit seu- lement le bien-être, qui n'exige que des sensations agréables, et non le bonheur, qui implique la sensibilité morale; le bien-être nous est nécessaire, comme la santé, pour trouver dans le corps un instrument docile, mais il n'est pas le but des désirs propres à l'âme. Ensuite, le bonheur ne consiste pas dans une volupté essentiellement passagère, si vive qu'elle soit, ni dans les transports de la passion, mais dans un état durable et constant, dans un contentement calme et doux, dont on a pleinement conscience, dans lequel on se complaît, où l'on trouve sans cesse de nouvelles jouissances. Tel est le sentiment que nous éprouvons quand un des penchants primitifs de notre nature est satisfait par la possession du bien auquel il aspire, quand, par exemple, notre sympathie est satisfaite par l'affection d'une personne chérie, ou notre désir de connaître, par la contemplation de la vérité, le plus haut degré de félicité pour l'homme, selon Aristote. Le premier rang appartient cependant aux plaisirs que procure la vertu. Elle porte en effet à leur perfection la force de la volonté, qui surmonte lesobstacles, et l'amour, qui est le principe de tout dévouement ; par l'habitude, elle adoucit ce que la pratique du devoir a de pénible, elle la transforme en penchant, elle en rend plus vives les jouissances, les seules qui soient pleinement en notre pouvoir. La vertu est donc la principale condition du bonheur, mais non la seule, comme le prétendaient les stoïciens, qui ne reconnaissaient que le bien moral ; elle est un principe, et non un moyen, comme l'enseignait Epicure, qui la réduisait au calcul de l'intérêt bien entendu. D'ailleurs, à quelque point de vue qu'on se place, le bonheur parfait est impossible dans cette vie, parce que nos désirs ne sauraient y trouver une complète satisfaction : c'est même là une des preuves de l'immortalité de l'âme et de l'existence d'une autre vie ( Voy. DESTINÉE, IMMORTALITÉ). — Consulter sur ce sujet : Platon, République; Aristote, Morale à Nicomaque; Plotin, Ennéade I, livres 4 et 5 ; Cicéron, Des biens et des maux; Sénèque, De la vie heureuse; St Augus-ân, Du souverain bien; Droz, Delà philosophie morale; P. Janet, Philosophie du bonheur, etc. BONHEUR Prochainement des photos et des images en ligne Voici la définition du mot BONHEUR |