CAFÉ





CAFÉ Le café en grains est la fève produite par le Caféier (Voy. ce mot) cette fève contient de l'acide gallique et un alcali organique la caféine ( Voy. ci-après). C'est la torréfaction qui donne au café son arôme : elle y développe à la fois du tannin et une huile empyreumatique amère et aromatique à laquelle il doit ses propriétés éminemment excitantes. On a appelé fleurs de café les enveloppes ou coques du café : on en prépare une infusion connue sous le nom de café à la sultane. On distingue plusieurs sortes de café désignées par le nom des pays d'où elles proviennent : le C. moka le plus estimé de tous venant des environs de Moka (Yémen) en Arabie à grain petit arrondi de couleur jaunâtre d'un parfum très-prononcé le C. mascareigne que l'on tire des îles Maurice et de la Réunion à grain gros et plus allongé d'un jaune plus pâle ayant peu d'odeur le C. des Iles ou des colonies (Martinique Guadeloupe i Guyane) dont le grain est moyen d'une teinte vev dâtre et d'une saveur herbacée. On eir tire aussi de Java de Sumatra de Manille du Brésil d'Haîtide laHavane dePorto- Rico etc. Il y a beaucoup de choix dans le café : le meilleur est toujours celui qui est dur sec sonore et lisse le café qui est ridé dénote qu'il a été récolté un peu avant d'être mûr ce qui lui ôte de son prix. On a aussiremarqué que le café devenait meilleur à mesure qu'il vieillissait. Considéré comme boisson le café n'est comme on sait qu'une infusion ou une décoction faite avec les grains de café torréfiés et moulus. Sa préparation exige de grands soins : les amateurs doivent porter également leur attention sur la torréfaction du grain sur le moulinage sur l'infusion. La torréfaction doit s'opérer dans de grands cylindres en fer battu et bien fermés au moyen d'un bois très-sec qui ne répande aucune odeur on a soin de tourner constamment le cylindre afin que toutes les graines subissent également l'action de la chaleur on arrête l'opération quand les graines deviennent luisantes. Le moulinage se fait ordinairement au moyen de petits moulins à bras on préfère les moulins à café perfectionnés de M. Frédéric et de M. Goldenberg : la poudre obtenue doit être égale et un peu fine afin que l'eau en enlève facilement les principes so-lubles. Quant à l'infusion on a imaginé comme à l'envi pour l'exécuter nombre d'appareils plus ou moins ingénieux plus ou moins économiques (Voy. CAFETIÈRE). En Orient on met ordinairement le café réduit en poudre très-fine dans de l'eau froide et on chauffe le mélange jusqu'aux premiers indices de l'ébullition on boit alors avec l'eau le café en suspension dans le liquide. D'autres se contentent de verser simplement de l'eau bouillante sur la poudre de café placée au fond des tasses ce qui fait une infusion semblable au thé. En même temps qu'elle flatte l'odorat et le goût la liqueur fournie par le café est éminemment tonique : elle accélère la circulation du sang favorise la digestion active les fonctions du cerveau dispose à la gaîté réunissant ainsi quelques-uns des bons effets de l'alcool et de l'opium mais son effet surexcite le système nerveux et pi'O-duit l'insomnie : il est nuisible aux personnes menacées d'nne affection du cœur. Mêlé au lait le café perd la plus grande partie de ses vertus toniques il peut même devenir un débilitant pour les personnes qui en feraient leur nourriture habituelle. Le café s'emploie en thérapeutique comme antidote de l'opium et comme succédané du quinquina dans les lièvres intermittentes opiniâtres on le recommande aussi comme emménagogue. L'infusion de café appliquée sur les plaies de mauvaise nature agit comme astringent et combat la gangrène. On raconte diversement la découverte des propriétés excitantes du café on en fait communément honneur à un berger d'Arabie qui aurait remarqué que ses chèvres manifestaient une vivacité extraordinaire quand elles avaient mangé des graines de caféier quoi qu'il en soit les Arabes paraissent l'avoir connu les premiers. L'usage en est devenu commun dans tout l'Orient a partir du xv" siècle mais il fallut encore deux siècles pour qu'il se répandit en Europe. On en prit pour la première fois à Venise en 1615 et à Marseille en 1654. Le voyageur Thé-venot l'apporta à Paris en 1657 mais ce fut l'ambassadeur ottoman Soliman-Aga qui le mit tout à fait à la mode en 1669. Les médecins dénoncèrent d'abord le café comme une boisson dangereuse M"de Sévigné déclara que c'était une mode qui passerait : malgré ces autorités le café est auj. d'un usage presque général. A l'époque du blocus continental le prix du café devint si élevé qu'on essaya de le remplacer à l'aide de végétaux indigènes mais à l'exception de la chicorée qu'on mêle au café par économie tous les cafés français ont été abandonnés. On emploie cependant encore en France surtoutdans le midi le café de glands doux et le café de seigle mais comme rafraîchissants.


CAFÉ

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