CÉRÉALES





CÉRÉALES nom sous lequel on réunit toutes les Graminées qui sont la base de la nourriture de l'homme et des animaux domestiques. Ce sont en général le froment l'épeautre le seigle l'orge l'avoine lemaïs auxquels on joint souvent le riz le sarrasin le sorgho l'alpiste la fétuque flottante la zizanie et le millet. En France la production des céréales augmente à mesure que les procédés de culture s'améliorent : en!815 la récolte a donné!32 millions d'hectolitres en 1835 204 millions en 1865320 millions la région septentrionale fournit les deux tiers de cette production. Dans les départements les plus riches en céréales les agriculteurs comptent sur 10 années 1 année de bonne récolte 6 moyennes et 3 mauvaises. La consommation exige 60 centièmes de la récolte pour les hommes 19 centièmes pour les animaux 16 centièmes pour les semailles et 2 centièmes pour les boissons ce qui fait en tout 97 centièmes et laisse dans les années ordinaires un excédant de 3 centièmes qui peut s'élèvera 15 centièmes dans les bonnes années. La consommation par habitant est en moyenne de 172 litres cette consommation d'ailleurs est très-inégalement distribuée : elle est de 180 à 199 pour le nord rie 135 à 164pour le midi sous Louis XIV elle n'était guère que de 100 litres. Le commerce des céréales a été à toutes les époques réglementé par les gouvernements. Chez les Romains qui étaient forcés de s'approvisionner de blé en Sardaigne en Sicile en Egypte et dans le reste de l'Afrique lé commerce des céréales était entre les mains du gouvernement qui fixait lui-même le prix auquel le blé devait être vendu. C. Gracchus (125 av. J.-C.) donna le premier l'exemple de distribuer presque gratuitement le blé aux citoyens pauvres cet abus ruineux pour les agriculteurs comme pour 1'État subsista jusqu'à la chute de l'empire romain.En France l'exportation fut tantôt permise tantôt défendue même de province à province en outre le blé fut très-souvent taxé et le maximum changea sans cesse. Sous Louis XV on concéda à certaines compagnies le monopole du commerce des blés ce qui donna lieu aux plus graves abus (Voy. ACCAPAREMENT). Le mal fut porté au comble pendant la Révolution : la disette résultat d'une mauvaise législation et des désordres politiques plus encore que de l'intempérie des saisons fut suivie du pillage et amena outre la défense d'exporter des réquisitions vexatoires et une taxation ruineuse pour les producteurs : Paris fut pendant plusieurs années rationné par le gouvernement qui se chargeait lui-même de la vente du blé ce ne fut qu'en janvier 1796 que l'approvisionnement fut rendu au commerce. En 1811 Napoléon voulant assurer la subsistance de la capitale ordonna la création d'une réserve de farines et la construction de greniers d'abondance mais cette mesure n'eut pas les résultats qu'il en attendait. En 1819 le gouvernement établit une échelle mobile (Voy. ce mot) qui réglait les cas dans lesquels l'importation et l'exportation étaient permises et fixait le droit qu'auraient à payer les. blés importés cette législation tout à fait contraire au développement de l'agriculture a été maintenue jusqu'en 1861 époque à laquelle l'échelle mobile a été supprimée et la liberté rendue au commerce des céréales. Voy. aussi BOULANGERIE. En Angleterre la législation des céréales (corn-laws) n'a pas subi moins de vicissitudes : l'exportation (et l'importation furent alternativement prohibées ou permises la législation faite principalement dans l'intérêt de l'aristocratie territoriale finit par devenir tellement oppressive qu'il se forma contre elle une ligue redoutable cette ligue née à Manchester en •Î838 et habilement dirigée par le célèbre Cobden réussit en juin 1846 après une lutte de huit ans à faire abroger sous le ministère de Robert Peel les lois qui restreignaient le commerce des blés. Voir : Dupont de Nemours De l'exportation et de l'importation des grains (1764) et Analyse de la législation des grains (1789) Mirabeau Lettres sur le commerce des blés (1768) l'abbé Galiani Dialogues sur le commerce des blés (1770) Necker Sur la lé-gislation et le commerce des grains (1775) Chaillou des Barres Essai historique sur la législation des grains (18201 F. Bastiat Cobden et la Ligue A. Molinari Histoire du tarif des céréales (1847) etc.


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