CERVEAU





CERVEAU Dans le sens le plus étendu ce mot désigne toute la masse nerveuse renfermée dans la cavité crânienne : il est alors synonyme A'Encéphale ( Voy. ce mot). Dans un sens plus restreint il désigne seulement les lobes ou hémisphères cérébraux ainsi que les couches optiques et les corps striés qui chez certains animaux y sont englobés. Les hémisphères cérébraux sont constitués par deux masses symétriques séparées d'avant en arrière par une grande scissure (se. médiane") et présentant à leur surface un grand nombre d'anfractuosités et de saillies (circonvolutions) : une découpure profonde (se. de Sylvius) divise chaque hémisphère en deux lobes l'un antérieur (lobe frontal) l'autre subdivisé d'une façon un peu moins nette en lobe moyen ou sphénoïdaleiloba postérieur ou occipital. Des ponts (commissures) sont jetés d'un hémisphère à l'autre ce sont le corps calleux \etrigone cérébralel la commissure antérieure. La masse cérébrale est formée de deux substances : l'une extérieure la substance grise ou corticale agglomération de cellules nerveuses dans une gangue de matière amorphe grenue l'autre intérieure la substance blanche formée de fibres nerveuses reliant les différentes parties de la couche grise entre elles d'abord puis avec la substance grise qui compose les couches optiques et les corps striés. Le cerveau sans lequel aucune douleur ne peut être perçue est lui-même insensible à la douleur inexcitable et sans réaction. Son rôle n'est connu que depuis peu de temps. Selon MM. Parchappe Foville Broca Vulpian Longet les fibres nerveuses qui constituent la substance blanche ne jouent qu'un rôle accessoire celui de conducteurs : elles relient simplement les autres parties et leur fonction varie suivant les points qu'elles mettent en relation. La substance grise au contraire a le rôle principal : son activité spéciale coïncide avec la production des phénomènes de l'intelligence. On croit que les couches optiques et les corps striés servent d'intermédiaire entre le cerveau la moelle épinière et les nerfs soit sensitifs soit moteurs c.-à-d. avec les organes qui amènent les impressions sensitives et transmettent les excitations motrices la qualification d'optiques donnée aux couches de ce nom est impropre car elle semble leur attribuer sur la vision une influence qui n'appartient qu'aux tubercules quadrijumeaux. On ignore aussi les véritables fonctions des commissures on suppose qu'elles servent à mettre en harmonie les manifestations d'activité des deux hémisphères. C'est à ces derniers qu'a été dévolue la fonction la plus importante celle de servir d'organe aux facultés de l'âme a la sensibilité à l'intelligence a la volonté et à la force motrice : 1° Par rapport à la sensibilité le nerf sensitif reçoit l'impression ou excitation venant soit du milieu extérieur soit du milieu intérieur organique et il la transmet au cerveau parcëqu'il sert de conducteur à un fluide qui circule ou qui vibre comme le fil télégraphique qui relie deux stations alors se produisent dans le cerveau des phénomènes nerveux d'ordre supérieur qui sont les conditions auxquelles la perception s'ajoute à la sensation. D'après Gratiolet les nerfs du goût de l'odorat de la vue aboutissant à des parties différentes du cerveau y forment des départements distincts pour les diverses sensations. D'après MM. Vulpian et Longet c'est dans la protubérance annulaire que les sensations prennent leurs caractères distinctifs et spéciaux 2" Pour l'exercice de la volonté et de la force motrice le cerveau par suite de la volition agit sur le nerf moteur et celui-ci transmet cette excitation à l'élément musculaire qui se contracte sous cette influence et produit ainsi un mouvement. D'après les expériences de M. Flou-rens sur des vertébrés les divers mouvements exécutés par les animaux qui ont subi l'ablation du cerveau ont perdu tout caractère volontaire 3° Quant à Vintetti-gence son développement est généralement enrapport avec celui des lojjes cérébraux. Cependant on n'a pas encore pu déterminer ce rapport d'une manière précise et il y a désaccord entre les physiologistes au sujet de l'importance de chacun des caractères distinctifs reconnus par l'anatomie comparée ces caractères sont la forme (le développement du cerveau d'avant en arrière la complication des circonvolutions cérébrales) le poids et d'après Gratiolet l'énergie vitale ou puissance intrinsèque du cerveau. Les diverses opérations intellectuelles cessent quand le cerveau est détruit ou même profondément lésé il est vrai que d'après M. Vulpian les diverses parties des hémisphères cérébraux et surtout de leur substance grise peuvent se suppléer et une portion relativement minime surtout chez les animaux peut suffire à remplir les fonctions du tout mais il n'en reste pas moins établi que lorsque le cerveau descend au-dessous d'un certain volume et d'un certain poids l'individu est frappé d'idiotie ou d'imbécillité. Voy. AME


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