ALLEGORIE





ALLEGORIE fiction qui dépeint à l'esprit un objet de manière à lui en faire concevoir un autre avec lequel il a des rapports. C'est aussi une figure de style, que l'on définit une métaphore continuée. De là deux sortes d'allégories : l'une qui a l'étendue d'un poème, comme le Prométhée d'Eschyle, plusieurs comédies d'Aristophane (les Oiseaux, Plu-tus], la Psyché d'Apulée, le Roman de la Rosé au moyen âge, le Fairy Queen de Spenser, le Hudibras de Butler, les Moutons de Mœc Deshoulières, les Allégories de J.-B. Rousseau (Minerve, la Vérité, la Morosophie}, etc., ou d'un morceau qu'on pourrait détachei', comme les Prières et la Ceinture de Vénus d'Homère, l'Hercule de Prodicus entre le vice et la vertu, la Mollesse de Boileau, l'Envie, dans la Henriade ; l'autre, qui se réduit à un rapprochement pour lequel quelques vers ou même quelques mots suffisent : Sur les ailes du Temps la Tristesse s'envole. Lemierre a donné à la fois l'exemple et le caractère essentiel de l'allégorie dans ce vers connu : L'Allégorie habite un palais diaphane. C'est à l'allégorie que l'on doit la plupart des apolo gués et des proverbes. Beaucoup de passages de l'An. cien Testament ainsi que les Paraboles de l'Évangile peuvent aussi être classés parmi les allégories. L'allégorie n'est pas moins familière à l'artiste qu'au poète. On admire l'allégorie par laquelle Prudhon a représenté le Crime poursuivi par la Justice et le Remords, et Gérard, t Amour animant Psyché. Chez les anciens, où beaucoup de divinités étaient allégoriques, les statues, les bas-reliefs, les vases peints, les pierres gravées, les camées, les mosaïques,représentent très-souvent des allégories.


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