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DIEU l'Être suprême et parfait créateur et conservateur de l'univers. La science de Dieu s'appelle Théologie naturelle ou Tliéodicée. Elle démontre l'existence de Dieu et traite de ses attributs et de ses rapports avec l'univers. A. Existence de Dieu. Dieu étant la cause première de tous les êtres son idée ne peut nous être donnée que par la raison elle ne saurait être l'objet du rai spnnement qui d'une vérité générale déduit une vérité particulière comme en Géométrie ou qui de faits particuliers induit une vérité générale nommée loi comme en Physique par suite la démonstration de son existence consiste uniquement à analyser l'idée que la raison nous donne de Dieu et à examiner quelles considérations nous y conduisent légitimement elle n'engendre pas la croyance en Dieu mais elle l'éclaircit et la confirme en faisant voir que celle-ci est le terme auquel aboutit nécessairement la pensée humaine et non une création arbitraire de l'imagination convaincue de fausseté par la science. Les preuves de l'existence de Dieu ne sont donc que les livers points de vue sous lesquels la raison conçoit l'Être suprême et qu'il faut réunir pour avoir de lui une idée aussi complète que possible. Elles se partagent en preuves physiques métaphysiques et morales les premières se tirent de l'étude de la nature les secondes de la raison et les dernières de la conscience morale et de l'histoire comparée des religions. Voir J. Simon Religion nature/le Ch. de Rémusat Philosophie religieuse A. de Margerie Théodicée. I. Prennes physiques. Ordre physique Causes finales (Argument téléologique). Cet argument le plus ancien et le plus populaire de tous peut se fur muler ainsi 1° II existe dans ce monde un ordre admirable manifesté par les lois qui président aux mouvements des astres aux phénomènes physiques aux combinaisons et aux décompositions des corps à l'organisation et à la vie des végétaux et des animaux. Dans chacun de ceux-ci la correspondance des moyens et des fins et la coordination des parties au toutforment un système et impliquent un dessein de même les parties de l'univers malgré leur multiplicité et leur divers! té constituent une unité pleine d'harmonie. 2" Cet ordre n'a point sa raison d'être dans les propriétés intrinsèques des molécules de la matière dont se compose l'univers dénuées d'intelligence et de liberté elles ne pouvaient se grouper et s'accorder d'elles-mêmes pour des fins déterminées qui supposent un plan préexistant conçu et voulu par une cause intelligente et libre. 3* L'ordre du monde a donc pour cause première une puissance intelligente et libre et puisqu'il forme un seul système cette cause est unique (Voy. MONOTHÉISME). Cet argument est susceptible de développements inépuisables parce qu'il résume les lois de toutes les sciences son fond est immuable parce qu'il repose sur un principe de la raison l'idée de cause intentionnelle ou cause finale mais le tableau qu'il présente de l'univers change avec les progrès de la science comme on peut le voir en comparant le traité de Cicéron (De la nature des Dieux) celui de Féneloc (ne ^existence de nieu 1™ partie) et le Cosmos d'Aï. de Humboldt. On doit donc n'appliquer ce mode de raisonnement qu'à des lois scientifiques parfaitement constatées pour ne pas le compromettre par de vaines hypothèses et prêter à Dieu nos propres vues. En outre il nous conduit à la conception d'une intelligence ordonnatrice du monde mais non à celle d'un Dieu tout-puissant créateurde la matière ( Voy. DUALISME). Il faut donc le compléter par les autres preuves. Consulter outre les auteurs déjà nommés Xénophon Entreliens de Socrate Platon Lois Ti-mée Aristote Métaphysique (1. 12e) en France Bossuet (Connaissancede Dieu)Voltaire ( IHctionnaire p/ii/osopkirjue) 3.-3. Rousseau (Emile) etc. en Angleterre les écrits de fi. Boyle.Ray W. Paley Th. Chalmers.W.lîuckland Buchanan Thompson etc. en Allemagne ceux deLcibnitz Sturm lleimar Kant (Critique du jugement) etc. Contingence du monde et de la matière. Nécessité d'une Cause première (Argum. cosmologique). Dieu ' qui a formé le monde a aussi créé la matière (Voy. CAUSALITÉ). L'argument par lequel on établit ce dernier point consiste à dire « L'existence et les qualités de la matière inorganique sont contingentes car en considérant une de ses parties p. ex. un grain de sable on voit qu'il existe actuellement mais on conçoit qu'il pouvait ne pas exister comme toutes les parties de la matière se ressemblent à cet égard la même conception s'applique à chacune d'elles donc leur totalité n'est pas nécessaire n'a pas sa raison d'être en elle-même par conséquent doit son existence à une cause première et créatrice. Il en est de même des êtres organiques. » Leibnitz formule ainsi cette preuve ( Tliéodicée I 7) « Dieu est la première raison des choses car celles qui sont bornées comme tout ce que nous voyons et expérimentons sont contingentes et n'ont rien en elles qui rende leur existence nécessaire... Il faut donc chercher la raison de l'existence du monde qui est l'assemblage entier des choses contingentes et îl faut la chercher dans la substance qui porte la raison de son existence avec elle et laquelle par conséquent est nécessaire et éternelle. » La contingence de la matière inorganique et des êtres organisés a pour conséquence la création conception étrangère aux philosophes grecs qui attribuaient à la matière une existencfe sans commencement. Cette erreur a été corrigée par les Pères de l'Eglise St Grégoire de NysseSt Augustin etc. qui ont enseigné que Dieu seul est éternel que la matière et le monde ont commencé d'être par la volonté de Dieu. Leur démonstration a été développée sous forme philosophique par Fénelon (Existence du Dieu 2e p. en. 2 et 5) par Clarke (Exist. de Dieu) etc. Loin de l'infirmer les progrès de la science lui ont fourni de nouveaux arguments. Les découvertes de la géologie nous montrent que les animaux et les végétaux n'ont pas toujours existé sur notre globe leur apparition quelque hypothèse qu'on adopte à cet égard ne peut s'expliquer que par un acte immédiat de la toute-puissance de Dieu ou bien par l'intermédiaire des causes secondes créées et préparées par lui pour cet effet déterminé (Voy. COSMOGONIE CRÉATION) D'un autre côté on démontre par la théorie mathématique de l'infini que l'hypothèse d'un nombre réel absolument infini p. ex. de corps célestes ou de révolutions actuellement accomplies par la terre dans son orbite est inadmissible parce qu'elle implique contradiction donc le monde n'est infini ni en durée ni en étendue par conséquent il a commencé ( Voy. INFINI). Consulter Cauchy Sept leçons de physique générale (1868) H. Martin tes Sciences et la Philosophie (Essais 111 et V). II. Preuve métaphysique ou ontologique. Idée de FÉtre parfait. Les preuves physiques nous font voir que l'existence du monde même réduit à l'ordre actuel implique un auteur mais elles présupposent l'idée de l'Être parlait sur laquelle s'appuie la preuve métaphysique ou ontologique (appelée aussi à priori en ce sens qu'elle est naturelle à l'esprit humain et indépendante de toute expérience extérieure). Après avoir constaté que nous avons l'idée de l'Être parfait elle montre d'abord que cette idée ne peut nous venir que de Dieu môme ensuite que nous ne saurions concevoir Dieu sans admettre immédiatement son existence. V Notre esprit conçoit l'idée de l'Être parfait dont l'intelligence et la puissance dépassent tout ce que nous connaissons. Si nous examinons comment cette idée se trouve en nous nous sommes contraints d'avouer que nous ne saurions la tirer de nous-mêmes parce que nous sommes sujets à beaucoup de défauts. Il faut donc admettre ou que notre raison est le jouet d'une illusion et alors il n'y a plus de science possible ou que cette idée nous vient de l'Être parfait même par conséquent que Dieu existe qu'il nous a rendus capables de le concevoir et que son intelligence se • communique ainsi à nous en un certain degré (Descartes Disc de la méthode ti" p. Méditation 3e et Principes l™p. §17-18). 2° « Lorsque ma pensée fait une revue des diverses notions qu'elle a en elle et qu'elle y trouve l'idée d'un Être parfait elle juge facilement qu'elle aperçoit en cette idée que Dieu qui est cet Être parfait existe car quoiqu'elle ait des idées distinctes de plusieurs autres choses elle n'y remarque rien qui l'assure de l'existence de leur objet au lieu qu'elle aperçoit en celle-ci non pas seulement une existence possible comme dans les autres mais une existence absolument nécessaire et éternelle. » (Descartes Principes l"> p. § 14 Disc de la Méthode It* p. s Méditation S*"). Bossuet a développé le même principe dans se&Eltvations(l"$<sm.l'*Etév.)\ « Pourquoi l'imparfait serait-il elle parfaitne serait-il pas ? C'est-à- lire pourquoi ce qui tient plus du néant •erait-il et ce qui n'en tient rien du tout ne serait-il pas?... Dis mon âme comment entends-tu le néant sinon par l'être ?... Comment l'imperfection si ce n'est parla perfection dont elle déchoit? » St Anselme avait déjà formulé un argument analogue mais avec cette différence que de l'idée de l'Être parfait il déduisait sonexistence. Leibnitz en a fait un syllogisme. Kant a montré le défaut de l'argument de St Anselme et de Leibnitz « L'existence dit-il ne peut être regardée comme un attribut dont l'idée en s'ajoutant à celle que nousavonsde la chose dontils'agitla développe la complète la détermine. Si je conçoisun être comme 1 Être parfait j'ai beau tourmenter l'idée de cet être pour en faire sortir son existence la question de savoir s'il existe ou non reste toujours la même. » Cette réfutation n'atteint pas la preuve de Descartes et de Bossuet laquelle ne part pas d'une abstraction mais d'un fait incontestable notre propre existence et s'élevant à la croyance en l'existence de l'Être absolument parfait montre que notre esprit la conçoit en môme temps que la première comme la condition même et la raison d'être de sa propre réalité et non comme un pur idéal auquel il attribuerait arbitrairement l'existence. C'est pourquoi notre raison a une foi irrésistible à l'Être parfait partout où quelque degré de réalité se présente à nous nous transportons par la pensée cette réalité dans l'absolu et Dieu contient ainsi sous la raison de l'infini toutes les perfections incomplètes que possèdent l'âme et la nature. Consulter P. Janet la Crise philosophique (ch. 2et 5) Caro l'Idée de Dieu Ravaisson la Philosophie au xix« siècle (§ vu x-xiv XVI-XVH xxxvi). III. Preuves morales Ordre moral. La raison qui conçoit Dieu comme être parfait le conçoit aussi comme législateur et comme juge. Nous avons l'idije d'une loi morale qui par elle-même est absolue. Elk-ne nous vient pas de la matière non plus que l'intelligence et la liberté. Donc comme nos facultés elle implique l'existence d'un être qui en soit la cause suprême. En outre cette loi est inséparable du principe ilemériteet de démérite qui étant également absolu exige que la vertu soit récompensée et le vice puni or l'accord du bien moral et du bonheur n'existe pas sur la terre il faut donc qu'il soit réalisé dans une au • tre vie et il ne peut l'être que par une cause souveraine celle-là même qui a établi la loi. Donc les idées fondamentales de l'ordre moral nous conduisent à concevoir l'existencedeDieu comme législateuret comme juge (Voy. BIEN Loi MORALE MÉRITE IMMORTALITÉ). Cette preuve a été mise en lumière parKant(Oâi'q>ue de la raison pratique) quiatort de rejeter les autres car toutes sont également des vérités données par la raison dont l'autorité est indivisible.Un autre motif de les réunir c'est qu'on n'a une idée complète de Dieu que par leur ensemble le principe des causes finales nous fait concevoir Dieu comme ordonnateur du monde le principe de causalité comme créateur l'idée de parfait comme être suprême le principe de mérite et de démérite comme législateur et rémunérateur. Consentement universel. Chez tous les peuples anciens ou modernes civilisés ou barbares on trouve la croyance en l'existence d'un premier être comme le témoignent les religions les langues et les monuments. Elle a été épurée sans être ébranlée par les progrès des sciences et de la philosophie. Sans doute il y a des athées il y a des hommes qui uniquement absorbés par le soin des choses ter-rustres ou par la satisfaction de leurs passions n'élèvent jamais leurs pensées plus haut il y en a aussi qui ne veulent rien voir au delà des sciences positives ou qui sont conduits à la négation de l'existence de Dieu par certaines spéculations métaphysiques mais la raison Huit '.oujours par faire justice de ces fausses hypothèses et comme le dit Bacon « si parfois le demi-savoir éloigne les hommes de la religion la vraie science les y ramène toujours. » L'universalité et la constance de la croyance en l'existence de Dieu prouve donc que c'est un fait propre à la nature humaine. Voy. RELIGION B. Attributs de Dieu. L'Être absolu et parfait est par son essence même ineffable et caché ( Deus absconditus). Cependant nous pouvons y distinguer divers attributs dans le sens où l'explique Fénelon (Existence de Dieu 2" p.) « Je me représente cet être unique par diverses faces c.-à-d. suivant les différents rapports qu'il a avec ses ouvrages c'est ce qu'on nomme perfections ou attributs. Je donne à la même chose divers noms suivant ses rapports extérieurs mais je ne prétends pas par ces divers noms exprimer des choses réellement diverses. » 1° Attributs métaphysiques. Ce sont l'unité l'immutabilité l'éternité l'immensité ou omniprésence (Voy. ces mots). 2° Attributs intellectuels et moraux. Ce sont l'intelligence la toute-puissance la justice la bonté (Voy. PROVIDENCE). On démontre ces attributs soit par l'analyse des idées fondamentales de la raison soit par des inductions tirées de la nature de notre âme ou des lois de l'univers inductions dans lesquelles on doit apporter une extrême circonspection car on se jette dans d'inextricables difficultés si au lieu de reconnaître son ignorance au sujet de certaines questions on prétend les résoudre par des explications insuffisantes. Voy. THÉOLOGIE THÉODICÉE MÉTAPHYSIQUE. La démonstration de l'existence et des attributs de Dieu a pour complément la comparaison des divers systèmes de philosophie qui se rapportent à cette question. Admettre la réalité d'un Dieu vivant personnel parfait contenant la raison d'être de l'homme et de la nature démontrer que cette croyance est essentiellement liée aux vérités fondamentales de la raison à la conscience que l'âme a de son existence à l'idée de la loi morale qui a pour sanction l'immortalité tels sontles principes du spiritualisme. Les faux systèmes sont le matérialisme le panthéisme le polythéisme le dualisme l'anthropomorphisme. Voy. ces mots. DIEU Prochainement des photos et des images en ligne Voici la définition du mot DIEU |