ÉMAIL





ÉMAIL fondant vitrifiable composé de sable siliceux d'oxyde de plomb de soude et d& potasse blanc ou coloré au moyen de divers oxydes métalliques et appliqué par la fusion sur les métaux ou sur les poteries. Les émaux des orfèvres peuvent sous le rapport du travail se ranger en 4 classes 1° lesÉ. en taille d'épargne on décalque un dessin sur la surface unie du métal puis on évide tout ce qui n'est pas le contour du dessin de manière qu'on a une sorte de gravure en relief et tous les espaces évidés forment autant de petites cuves que l'on couvre d'émail de diverses nuances 2° les É. de basse-taille on appelait ainsi au moyen âge des plaques de métal ordinairement en or ou en argent sur lesquelles on ciselait le dessin en très-faible relief puis sur cette ciselure on étendait de la poudre d'émail nuancée par grandes teintes plates de vert et de rouge pour les vêtements de bleu pour les ciels d'incarnat pour les chairs etc. la fusion donnait à ces émaux le brillant et la transparence de la glace 3° les È. cloisonnés sur une plaque de fond on soude de petites lames posées de champ et contournées suivant les figures que l'on veut obtenir dans les cases produites par la réunion de ces lames on verse l'émail en poudre à la cuisson l'émail fond et les cloisons empêchent le mélange des couleurs li"leaÉ.mixtesqai participent des divers procédés indiqués ci-dessus. On appelle émaux champ levés des émaux cloisonnés dont les cases au au lieu d'être formées de lames soudées sont creusées burin dans l'épaisseur même de la plaque émaux de niellure des bijoux gravés en taille d'épargne et émaillés de noir. Les émaux des peintres sont des plaques de métal que l'on couvre d'émail et sur lesquelles on exécute de véritables tableaux en couleurs éclatantes on a même étendu ce nom à toutes les décorations de peinture appliquées sur métal. Pour lespoteries et terres émaillées Voy. CÉRAMIQUE FAÏENCE PORCELAINE etc. L'art d'émailler ne paraît pas avoir été de beaucoup postérieur à la découverte du verre les anciens faisaient usage de verres colorés et de plaques d'é« mail. On suppose que cet art est né du désir d'imiter des incrustations de pierres précieuses ou de pâtes colorées fixées à froid dans des cloisons de métal. Il était connu des Grecs et des Étrusques. Les Byzantins duBas-Empire s'appliquèrent surtout aux émaux cloisonnés qui imitaient les mosaïques comme on le voit par la couronne de fer offerte a la cathédrale de Monza par Théodelinde au vu' siècle et le parement d'autel (pala d'oro) exécuté pour St-Marc de Venise an xe siècle. Au moyen âge le moine Théophile (Di-versarum artium schedula) décrit les mêmes procédés d'émaillerie que Benv. Cellini dans son Traité de l'orfèvrerie. A cette époque la fabrication d'émaux pour les églises avait une grande importance à Bourges et à Cologne. A partir de la Renaissance on s'occupa surtout des émaux peints pour orner la vaisselle et les bijoux. Il y eut alors dans le mobilier et Ja parure une révolution dont Limoges fut le foyer. Il reste de Léonard le Limousin directeur de la manufacture fondée à Limoges par François Ier un grand nombre d'œuvres portraits triptyques figures de saints grisailles coupes plats la série de ses portraits de seigneurs est sans prix. Vinrent ensuite P. Raymond Penicaut Courteys M.Raymond Mercier enfin Jean le Limousin émailleur en titre d'Anne d'Autriche. Sous Louis XIV J. Petitot de Genève fit en Angleterre et en France une célèbre série de portraits etc. Tombée en décadence au siècle dernier l'émaillerie semble vouloir auj. se relever de son état d'abandon. Consulter F. de Lasteyrie Des origines de l'émail-lerie limousine de Laborde Notice des émaux du Louvre (1853) les Émaux de Petitot du musée du Louvre (Paris Blaisot 1861-64). Dans le Blason émail est synonyme de couleur on compte cinq émaux le rouge le bleu le vert le violet et le noir. Voy. BLASON.


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