ABEILLE





ABEILLE Apis, genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères porte aiguillon, famille des Mellifères, tribu des Apiaires : antennes filiformes, ord. brisées ; mâchoire et lèvre inférieure fléchies en dessous ; palpes maxillaires très petits, labiaux en forme de soies ; premier article des tarses des jambes postérieures fort grand. Il Abeille commune ou Mouche à miel vit en société, quelquefois & l'état sauvage, au milieu des bois, dans le creux d'un arbre ou d'un rocher; le plus souvent sous la dépendance de l'homme, dans des ruches préparées à cet effet. Ces insectes obéissent à des lois fixes et travaillent en commun, sous un gouvernement qui présente l'image d'une mçnarchie. Chaque essaim, qui compte de 20 à 30,000 individus, se compose : 1" à'ouvrières neutres, c.àd. sans sexe (mères atrophiées); 2° da mâles, dits fauxbourdons; 3° d'une femelle, qu'on nomme reine ou mèreabeille. Les ouvrières sont les plus petites : elles ont le corps brun et velu, l'abdomen formé de 6 anneanx dont le dernier cache un aiguillon piquant et barbelé, labouchemunied'uneforte trompe, les pattes postérieures velues, garnies de petites brosses, et offrant en dehors vers l'extrémité une cavité, dite corbeille, où elles déposent, à l'aide des pattes intermédiaires, le pollen rassemblé et roulé en petites boules : tandis que les unes recueillent au dehors dans le calice des fleurs les matériaux dont elles forment la cire et le miel, les autres au dedans construisent avec lacire des cellules régulières ou alvéoles, destinées à recevoir le miel et à loger les ceufs, ou bien nourrissent les larves issues de ces œufs, et qu'on appelle le couvain. — Les bourdons, au nombre de 600 environ par essaim, sont plus grands que les ouvrières, mais n'ont point d'aiguillon : leur tête est arrondie, avec deux gros yeux au sommet. Destinés à féconder la femelle, ils sont tués par les ouvrières dès que leur rôle est achevé. — La reine est l'âme de l'essaim. Il ne peut y en avoir deux dans la même ruche; s'il en naît plusieurs, ou elles vont former de nouveaux essaims, ou elles sont mises à mort par celle qui est éclose la première. La i reine est plus grande que les autres abeilles : son abdomen a 7 anneaux ; ses jambes n'ont ni brosses ni corbeilles; destinée à propager l'espèce, elle a été douée d'une prodigieuse fécondité; elle pond des milliers d'œufs et en dépose un dans chaque cellule ; il en sort un petit ver ou larve qui se trans~ forme bientôt en chrysalide, puis en abeille (Voy. ESSAIM, ROCHE, MIEL). — La piqûre des abeilles est fort douloureuse; on calme la souffrance qu'elle cause en extrayant le dard s'il est resté dans la plaie, et en faisant des onctions huileuses ou simplement des lotions avec de l'eau fraîche légèrement acidulée. — Outre l'espèce commune, on élève dans le Midi quelques autres espèces, l'Apis ligustica, l'A. fasciata, etc., qui diffèrent peu delà précédente. Quant aux abeilles dites vulg. maçonnes, charpentières, menuisières, taoissières, etc., Voy. OSMIE, XÏLOCOPE, L'homme a su de temps immémorial exploiter les abeilles; la Fable attribue l'invention de cet art au berger Arïstée, fils d'Apollon et de Cyrène. Les anciens célèbrent les abeilles du mont Ida, qui nourrirent Jupiter; celles de l'Hymetteet de l'Hybla, qui fournissaient le meilleur miel. En France, on élève surtout les abeilles dans le Languedoc, le Dauphiné, ia Bretagne et le Gâtinais. — Les mœurs des abeilles, poétiquement décrites par Virgile (Géorg., IV)et par Vanière (Apes), ont été philosophiquement observées par Réaumur, Schirach, Bonnet et F. Huber de Genève. Voy. APICULTURE. L'abeille est l'emblème de l'ordre et du travail; à ce titre, elle figure dans les armoiries et les devises. On a dit que les abeilles étaient le symbole de la tribu des Francs, parce qu'on en a trouvé dans le tombeau de Childéric I. Le pape Urbain VIII portait des abeilles dans ses armes. Napoléon I fit de même : il en a parsemé le manteau impérial.


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