| FAÏENCE |
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FAÏENCE poterie préparée avec une argile plus ou moins calcaire recouverte d'un émail opaque ordinairement stannifère et coloré par des oxydes métalliques. Son nom vient de la fabrique de Faenza en Italie dont les Français ayant connu d'abord les produits appliquèrent ensuite le nom à toutes les terres cuites et êmaillées qu'ils rencontrèrent. L'invention paraît originaire de Majorque où des potiers maures fabriquèrent au xive siècle des plats et des vases remarquables parle style des dessins et l'éclat des reflets irisés et métalliques leur art se répandit d'a- bord en Espagne (Malaga Valence etc.)oùl'onrevêtit de briques les murs intérieurs des maisons puis en Italie où le lustre des majoliques hispanomoresques eut tant de vogue qu'on en incrusta jusque dans les façades des églises et des campaniles. Au xv« siècle Lucca délia Robbia qui d'après Vasari inventa l'émail stannifère blanc fit pour les monuments de Florence des bas-reliefs coloriés des médaillons des retables d'autels etc. (art repris aujourd'hui par M. Devers auteur des 4 hauts-reliefs de St Eustache à Paris). La majoligue italienne remplaça l'orfèvrerie pour l'ornementation des dressoirs et emprunta ses motifs de décoration au style de la Renaissance. Les procédés en ont été décrits par Cyprian Piccolpasso dans l'Art du potier (1458) que M. Claudius Popelin a traduit en vieux français et par G. Passeri qui forma un musée chez le grand-duc de Toscane au xvme siècle. De nos jours la majolique italienne est imitée dans la fabrique de M. Minton à Londres et dans celle du marquis Ginori à Doccia près de Florence. — En France la faïence importée par des ouvriers italiens s'y transforma rapidement et devint une industrie nationale. Après que sous François Ier Girolamo délia Robbia eut orné de plaques êmaillées le château de Madrid près de Paris Bernard de Palissy inventeur des rustiques figulines composa des grottes pour le château d'Écouen le jardin des Tuileries etc. mais se signala surtout par les émaux colorés de ses grands médaillons de ses bassins à reptiles à coquilles et à plantes naturelles (imités auj. par MM. Avisseau et Pull). Comme objets de luxe on cite aussi les terres êmaillées de Limoges et les faïences d'Oiron (soi-disant service de Henri II) remarquables par des incrustations de terre colorée. La faïence usuelle fut fabriquée à Nevers Moustiers Rouen Marseille etc. Remplacée peu à peu dans la pratique journalière du ménage par la porcelaine blanche qui est plus hygiénique elle a grâce à l'éclat de ses émaux colorés repris faveur aujourd'hui pour les vases les plats et les plaques qui servent àla décoration on l'emploie aussi avec succès à l'ornementation extérieure des maisons. On a essayé aussi d'égaler les lustres de la faïence de Perse dont les dessins représentent des fleurs et des scènes de chasse. Ceux qui ont le plus réussi en ce genre sont MM. Deck Collinot Rudhardt Barbizet Jean Solon etc. Le musée de Cluny à Paris possède en ce genre une collection historique remarquable mais les plus beaux modèles se trouvent au musée du Louvre. — Consulter A. Demmin Guide de l'amateur de faïences et de porcelaines. Voy. aussi CÉRAMIQUE. Peinture sur faïence. Pour la faïence à feu de réverbère on applique avec un pinceau les couleurs minérales sur la couverte comme pour la porcelaine et on les fait fondre dans un fourneau à moufle. — Pour la faïence de grand feu au contraire on exécute le décor sur l'émail cru c.-à-d. sur la surface poreuse qui ne supporte pas de retouche. En passant par une haute température les couleurs pénètrent profondément et forment un glacis qui résiste au frottement. C'est une des qualités qui recommrndent les anciennes faïences de Nevers de Moustiers de Rouen etcelles de Perse. Aujourd'hui on cite sous ce rapport les sujets peints par M. Pinart et les paysages de M. Bouquet. FAÏENCE Prochainement des photos et des images en ligne Voici la définition du mot FAÏENCE |