ARBRE





ARBRE végétal ligneux dont les racines subsistent un grand nombre d'années, dont la tige, nue à la base, chargée de branches et de feuilles au sommet, dépasse au moins 5". Les arbres se distinguent en A. dicotylédones ou exogènes(Chène, Peuplier, Pommier, etc.), et A. monocotylédonés ou endogènes (Palmier, Bambou, Jonc, etc.). Le tronc des premiers présente, à l'intérieur, une série de couches concentriques divisées en deux systèmes : le S. cortical, formé de l'épiderme, de l'enveloppe herbacée, des couches corticales et du liber ; et le S. central, formé de l'aubier, du bois propr. dit, de l'étui médullaire et de la moelle. De plus, les dicotylédones s'accroissent chaque année en grosseur, par la formation d'une nouvelle couche entre l'aubier et le liber, et en hauteur, par un nouveau scion ou rejet que le bourgeon terminal forme chaque année au-dessus du bourgeon de l'année précédente. Au contraire, les arbres monocotylédonés ne présentent à l'intérieur qu'une masse homogène de tissu cellulaire, sans couches distinctes, et où se distribuent longitudinalement des fibres ligneuses. L'accroissement en hauteur se fait par la formation d'un nouveau disque au-dessus du disque provenant de la soudure des feuilles de l'année précédente, et l'ac- croissement en grosseur n'est presque dû qu'à la pression des disques supérieurs sur les disques inférieurs. Voy. AGE. Les arbres ne fleurissent et ne donnent de fruits que plusieurs années après qu'ils ont été semés. De 40 à 50 ans, l'arbre est dans toute sa force ; de 50 à 60, il se soutient encore; mais de 70 à 90, il décline et finit par périr. Cependant on a vu un grand nombre d'arbres dépasser de beaucoup ce terme et offrir des exemples d'une longévité extraordinaire: tels sont le Cèdre, le Baobab, etc. Les arbres ne se distinguent des arbrisseaux et des arbustes que par leurtailleetleur durée. Les arbrisseaux ont à peine un tronc, ou leur tronc se divise presque à la racine ; ils ne s'élèvent guère au-dessus de 4m : tels sont l'Aubépine, le Cognassier, le Néflier, le Sureau. Les arbustes, plus petits que les arbrisseaux, affectent la forme de buisson : tels sont les Bruyères, certains Rosiers, les Daphnés, plusieurs Saules. Enfin, les sous-arbrisseaux, tels que la Vigne vierge, la Clématite, tiennent le milieu entre les arbustes et les plantes herbacées. Selon les divers points de vue sous lesquels on peut considérer les arbres, on les groupe en A. à feuilles caduques et A. à feuilles persistantes ou A. verts, en A. indigènes et A. exotiques, en A. forestiers et A. fruitiers. Voy. ces mots et AKBOIUCOLTURE. La loi défend au propriétaire de planter des arbres sur son fonds, si ce n'est à une certaine distance du fonds voisin fixée par l'art. 671 du C. civ., (Voy. MITOYENNETÉ). La mutilation des arbres est punie par les art. 445-450 du Code pénal. On appelle Vulg. : Arbre d'amour, le Gaînier; — A. aux anémones, le Calycanthe ; — A. d'argent, le Protée argenté; — A. des Banians, le Figuier du Bengale (Voy. BANIANS) ; — A. de baume, le Bursère gommifère, le Badamier, etc. ; — A.à beurre,la Bas-sie butyracée ; — A. à bourre, l'Arec chevelu ; — A. du Brésil, la Césalpinie épineuse ; — A. de castor, le Magnolia glauque ; — A. à cire, le Myrica cérifère et le_Céroxylon andicole; — A. de corail, ou immortel, l'Érythrine corail; — A. à corde, le Figuier de l'île Bourbon ; — A. au coton, le Fromager à 5 feuilles ; —A. de Chypre, le Cyprès chauve ; — A.deCythère, le Spondias ; —A. du diable, le Sablier;—A.deDieu, le Figuier religieux ; — A. d'encens, diverses espèces d'Amyrides et d'Iciquiers; — A. de fer, le Bois de fer; — A. à fraises, l'Arbousier commun; — A. à franges, le Chionanthe; — A. à la glu, le Houx; — A. à la gomme, l'Eucalypte, le Métrosidère; — A. à grives, le Sorbier; — A. de Judée, le Gaînier; — A. à lait, plusieurs Apocynées, Urticées et Euphorbia-cées; — A. au lis, le Tulipier; — A. de Mai on de St-Jean, le Panax ; — A. à la migraine, le Premne ; — A. de mille ans, le Baobab; — A. de Moïse, le Mespile pyracanthe; — A. de neige, la Viburne, le Chionanthe ; — A. à pain, l'Artocarpe; — A. àpa-pz«î',laBroussonétie ; —A. à perruque, le Sumac fus-tet ; — A. à la pistache, le Staphylier ; — A. aupoi-vre, le Schine ; — A. puant, la Fétidie, le Sterculier; — A. aux quarante écus, le Ginkgo; — A. saint, la Melia azedarach; — A. de Ste-Lucie, le bois de Ste-Lucie; — A. de St-Thomas, la Bauhinie; — A. à sang, le Millepertuis; — A. de soie, la Mimosa et plusieurs Apocynées; — A. à suif, le Croton; — A. à thé, le Symploque; — A. triste, le Nyctanthe; — A. à la vache, le Galactodendron ; — A. à velours, la Tournefortie ; — A. au vermillon, le Chêne cocci-fère; — A. au vernis, le Terminalier, le Rhus; — A. de vie, le Thuya; — A. du voyageur, l'Urania ravenala, etc. Les AnatomistbS nomment Arbre de vie certaines ramifications qu'offre le cervelet et qui figurent les branches d'un arbre dépouillé de ses feuilles (Voy. CERVELET!. —En Zoologie,on appelle Arbres de mer les Gorgones. Voy. ce mot. Les Alchimistes donnaient le nom A'Arbres métalliques à certaines cristallisations métalliques. Les principales sont: l'A. de Diane, (m.A.philosophique? amalgamé d'argent, cristallisé en petites houppes brillantes, qu'on obtient en abandonnant pendant quelques jours du mercure dans une dissolution un peu concentrée de nitrate d'argent; l'A. de Saturne, dépôt de plomb métallique et cristallisé, qui se produit lorsqu'on abandonne une lame de zinc dans une solution d'acétate de plomb. En Mécanique, on nomme Arbre l'axe d'une roue, ainsi que toute pièce de bois ou de fonte, immobile ou même mobile, qui est la partie principale d'une machine et autour de laquelle tourne la machine tout entière. Les horlogers nomment ainsi l'essieu qui est au milieu du barillet d'une montre et qui sert à tendre le ressort. En termes de Marine, on nomme Arbres les mâts qui portent des antennes et des voiles latines. Le mât de l'avant se nomme A. de trinquet; celui du milieu, A. de mestre. 'L'A. de touret est l'axe sur lequel tournent plusieurs espèces de dévidoirs. On nomme A. généalogique une table en forme d'arbre, où l'auteur de la famille forme la souche, et d'où l'on voit sortir comme d'un tronc diverses branches de consanguinité, de parenté; les arbres généalogiques furent jadis un grand objet de luxe ; — A. encyclopédique, un tableau systématique des sciences et des arts disposé de manière à faire voir leur enchaînement et leurs rapports mutuels: on connaît surtout les arbres encyclopédiques dressés dans ce but par Bacon, par d'Alembert (en tête de l'Encyclopédie}, par A.-M. Ampère, etc.


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